Birmanie, la démocratie étouffée

Les chroniques d Olivier Nottale / société / 19/04/2021

C’est le titre d’un  volumineux Dossier « Médiapart » comprenant 29 articles publiés depuis le coup d’État du 1er février dernier. Disponible sur le site du journal en ligne dans la rubrique international.
C’est édifiant, nous en apprenons un peu plus sur ce qui se passe en Birmanie, avec plus ou moins notre indifférence polie, notre protestation convenue et notre désunion internationale.
Abandonnée à son sort, une Birmanie unie lutte à mains nues contre la junte militaire. Laure Siegel est publiée le 3 avril dernier, j’ai choisi pour vous quelques extraits de ce long article.
Deux mois après le coup d’État, les services de communication et la circulation de l’information ont été réduits au minimum en Birmanie. Personne n’est épargné par le chaos, alors que l’armée a sorti l’artillerie lourde dans les villes et bombarde les zones rurales.
« Aujourd’hui, ils n’ont pas essayé de nous arrêter, ils voulaient juste nous tuer », écrit M. à 22 heures. Le  27 mars, Jour des forces armées qui commémore le début de la résistance des troupes birmanes à l’occupation japonaise en 1945, la junte a défilé dans la capitale, tandis que ses sbires en uniforme étaient engagés dans un frénétique bain de sang.
Seuls la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh, le Vietnam, le Laos et la Thaïlande ont envoyé des représentants à la sinistre parade, partenaires commerciaux liés par des contrats de vente d’armes ou voisins prudents tentant la pacification avec les généraux. La veille, sur leur chaîne officielle, ces derniers ont déconseillé aux téléspectateurs de suivre l’exemple de ceux qui sont descendus dans les rues au risque de se prendre une balle dans la tête.
Jeune journaliste à l’initiative du collectif de photoreporters The Myanmar Project, M. continue à sortir tous les jours dans un quartier différent de Yangon la capitale, que nous avons longtemps appelé Rangoun et dont certains se souviennent des extraordinaires pagodes bouddhistes du temps où les occidentaux y faisaient encore du tourisme, mais revenons loin de la carte postale à M elle sort pour couvrir les manifestations : « Depuis le 9 mars, la violence s’est intensifiée de façon notable. Je m’étais habitué à prendre des photos d’une main et à renvoyer les bombes de gaz lacrymogène de l’autre main. Et à rester caché pendant des heures dans des appartements en attendant que les soldats quittent les rues après avoir réprimé les manifestations.
La moitié du collectif se retrouve incapable de travailler, soit parce que leur ville a cessé de protester après un assaut particulièrement meurtrier, soit parce qu’ils sont recherchés par les autorités ou qu’ils ne peuvent plus accéder à une connexion internet depuis la coupure mi-mars des données mobiles et des réseaux wifi publics…





(à suivre…)lundi 19 avril 2021 - 10h20  / 17h15



O.Nottalle