Novlangue et absurdité des mots employés

Les chroniques d Olivier Nottale / société / 12/04/2021

Commençons par, le toujours autant d’actualité roman d’anticipation 1984 de George ORWELL publié en 1949 !
Extrait : «Syme (du Service des recherches au Ministère de la Vérité) : « Nous détruisons chaque jour des mots, des vingtaines de mots, des centaines de mots. Nous taillons le langage jusqu’à l’os. (…) Ne voyez-vous pas que le véritable but de la novlangue est de restreindre les limites de la pensée ?»
George Orwell n’a pas été seulement, en tant qu’écrivain, un praticien du langage. Il a beaucoup réfléchi sur la « politique de la langue ». Il mettait en accusation le flou qui dissimule la pensée ; la tendance au slogan qui tend à imposer des idées fausses par la simple répétition ; le jargon pseudo-scientifique qui tend à donner un air de neutralité à des arguments en réalité idéologiques ; bref, l’usage malhonnête des mots.
Jean-Paul Fitoussi auteur et économiste explique dans une interview pour la RTBF diffusée le lundi 7 septembre 2020 que le travail déjà accompli par la novlangue en Europe est considérable : on a ainsi décidé de bannir du vocabulaire un certain nombre de mots, devenus tabous.
Effacer un mot, c’est comme jeter des livres et amputer de milliards de combinaisons notre capacité à nous faire comprendre. […]quand les mots pour le dire manquent, eh bien, on ne dit pas ou on dit autre chose que ce que l’on voulait dire.
Jean-Paul Fitoussi a publié "Comme on nous parle - L’emprise de la Novlangue sur nos sociétés" (Ed. Les Liens qui Libèrent)
L’objectif que poursuit la novlangue est de limiter l’espace de la pensée, de faire en sorte que les gens pensent de moins en moins critique par rapport à ce qu’on leur présente comme vrai.
Il y a ainsi une façon de distordre les mots et la pensée. Et c’est bien cela la pensée unique dont on parlait dans les années 90 : le fait d’avoir réduit l’espace de la pensée et de ne plus permettre qu’une pensée diverge, qu’une alternative puisse s’exprimer.
Au départ, la novlangue s’applique au langage marketing : commerce, publicité, économie. La politique s’en est emparée, puis le management, les milieux sociaux.
"Il y a cette volonté de ne pas blesser l’autre, mais au prix de ne plus rien dire, de dire des banalités, de vivre dans un monde victimaire si on vous parle différemment du politiquement, économiquement, socialement correct.
Il y a beaucoup de populisme dans le discours gouvernemental de tous les pays européens.
"Quand on dit qu’on va baisser les charges sociales pour permettre une augmentation des salaires et de l’emploi, on casse ce que le Conseil de la Résistance avait fait en France à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Or les charges sociales correspondent au salaire indirect, constitué de tout ce qui est fourni en nature, les assurances sociales, les assurances maladie, le chômage, la retraite…. Maintenant, on appelle cela charges sociales, …





(à suivre…)lundi 12 avril 2021 - 10h20 / 17h15



O.Nottale