Du prélèvement des tourterelles

Human Bashing / société / 01/03/2021

Il y a comme ça des jours où on a encore plus honte de l’espèce humaine que d’autres. On a beau essayer de se préserver, en faisant le boycott de la nouvelle saison de Koh Lanta, en espérant que les prochaines éditions du « Paris Dakar », qui doivent se dérouler en Arabie Saoudite, seront annulées, que Cauet et Eric Zemmour seront interdits d’antenne, l’actualité vous rattrape quand même, et ça n’a pas bon goût.



Le 27 août 2020, un communiqué en provenance de l’Elysée, comme on dit, nous informait de l’interdiction de la chasse à la glu qui, je vous le rappelle ou je vous l’apprends, consiste, ou plutôt consistait, à enduire de glu des branches d’arbres afin d’immobiliser les oiseaux qui s’y posaient, non pas pour les tuer, faut pas exagérer, mais, mieux, pour que, en détresse, ils fassent appel à leurs congénères qui, eux, pourraient être tués. Ah pardon, on me rappelle dans mon oreillette qu’on ne dit plus « tuer » mais « prélever ». De même que désormais on « neutralise » les terroristes, mais alors très très définitivement, de même on « prélève » des animaux. L’expression n’est pas innocente : on prélève les impôts, on prélève un échantillon, on prélève sa commission. En quelque sorte, la chasse, pardon le prélèvement d’animaux sauvages, est tout à la fois une pratique de laboratoire, un dû et une obligation républicaine. Incidemment, on apprend que, si la France n’avait pas prononcé l’interdiction, la Commission européenne aurait saisi la Cour de justice de l’Union européenne, la dite-chasse étant contraire à la directive oiseaux, oui, ça existe, de l’Union.






Diffusion lundi 1 mars 2021 - 10h40 / 17h40



Y.Desrichard