Quand ça veut pas, ça veut pas (en Sibérie non plus)

Human Bashing / société / 21/09/2020

Dans l’imaginaire occidental, la Sibérie évoque avant tout le Goulag, même si, sans doute, le mot ne dit plus rien aux jeunes générations, qui iront penser que Goulag est le nom d’un groupe de hip hop russe, si tant est qu’une chose pareille puisse exister. Les plus vieux, donc, verront qui Dostoïevski, condamné aux travaux forcés après une simulation d’exécution ou, plus récemment, Soljenitsyne apprenant par cœur ce qui sera publié plus tard sous le titre « Une journée d’Ivan Denissovitch », l’un comme l’autre pelant de froid et mourant de faim. Et non, ni Dostoïevski ni Soljenitsyne n’ont joué au Spartak de Moscou.




Aux dernières nouvelles, si les successeurs de Dostoïevski ou de Soljenitsyne, dans le bon pays dirigé par le bien-aimé président Poutine, se retrouvaient condamnés à la déportation en Sibérie, on leur conseillerait plutôt tongues et chemise hawaïenne. A Verkhoïanvsk, ville située dans le Nord de la Iakoutie, c’est-à-dire au Nord du nord pour vous situer, il a fait, fin juin, 38 ° C. Quand on sait que Verkhoïansk est l’une des villes les plus froides du globe où, un certain soir de l’hiver 1933, il a fait – 68 ° C, et encore – 57 ° C pas plus tard qu’en janvier dernier, on se dit que, à la place du petit millier d’habitants, on s’équiperait fissa d’une clim réversible.



Diffusion lundi 21 septembre 2020 -10h40 / 17h40


Y.Desrichard