Leonora Miano, Daniel Rondeau, deux écrivains au prise avec le réel

Gulliver / culture / 02/11/2017

  Daniel Rondeau a obtenu le Grand prix de l’Académie française pour son roman Mécanique du chaos publié chez Grasset.
Et si la fiction était le meilleur moyen pour raconter un monde où l’argent sale et le terrorisme mènent la danse? Ils s’appellent Grimaud, Habiba, Bruno, Rifat, Rim, Jeannette, Levent, Emma, Sami, Moussa, Harry. Ce sont nos contemporains. Otages du chaos général, comme nous. Dans un pays à bout de souffle, le nôtre, pressé de liquider à la fois le sacré et l’amour, ils se comportent souvent comme s’ils avaient perdu le secret de la vie. Chacun erre dans son existence comme en étrange pays dans son pays lui-même.

Mécaniques du chaos
est un roman polyphonique d’une extraordinaire maîtrise qui se lit comme un thriller. Il nous emporte des capitales de l’Orient compliqué aux friches urbaines d’une France déboussolée, des confins du désert libyen au cœur du pouvoir parisien, dans le mouvement d’une Histoire qui ne s’arrête jamais.



  Léonora Miano publie quant à elle, un essai avec des contributions et des témoignages sur la réalité vécue par les noirs en France aujourd’hui. Marianne et le garçon noir est publié chez Pauvert/Fayard.
Marianne et le garçon noir veut apporter une parole de l’intérieur sur l’expérience des noirs de sexe masculin dans la France de notre temps, en particulier sur le sol hexagonal. Plus largement, c’est sur la présence noire que se penche l’ouvrage, afin d’en explorer les particularités dans l’espace français. Les contributions sont de divers ordres, mais elles prennent appui, pour l’essentiel, sur le vécu des auteurs. Le projet est né à la suite de violences policières impliquant des jeunes hommes noirs. A partir du regard posé sur le corps, des fantasmes suscités par lui ou d’autres éléments, l’objectif est de rendre audible une parole sensible et politique, parfois inattendue, tant les représentations transmises depuis des générations sont réductrices. L’influence de Marianne se déployant au-delà de ses frontières déjà complexes – la France étant un grand archipel – il m’a semblé pertinent d’associer à cette prise de parole une voix subsaharienne. En effet, le garçon noir qui cherche à arracher sa souveraineté aux rets de l’entreprise criminelle connue sous le nom de Françafrique est, lui aussi, concerné. De plus, dans l’environnement mondialisé où les réseaux sociaux abolissent frontières et distances, le sort des Noirs en France ne laisse pas indifférent en Afrique subsaharienne.



Coup d’oeil sur la presse

Le magazine Lire et le dossier qu’il consacre à : La chanson est elle de la littérature ?



Diffusion jeudi 3 novembre 2017 - 19h30
Rediffusion dimanche 6 novembre 2017 - 18h00


Animation A.Vacquié
Réalisation B.Bertrand

 


 
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