Dirk Bogarde

24 notes/seconde / musique / 07/06/2017

Cette semaine 24 notes secondes se penche sur la carrière de Dirk Bogarde, de son vrai nom Derek Jules Gaspard Ulric Niven van den Bogaerde.

Il est le fils d’un critique d’art néerlandais et d’une comédienne écossaise. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est affecté à l’état-major du général Montgomery, où il dessine les plans de batailles. À partir de 1947, il se met à tourner des séries B (inédites en France). Il commence à se faire remarquer dès 1950 dans des films à suspense signés Terence Fisher, Marc Allégret, Charles Crichton, et s’impose dans le rôle du docteur Simon Sparrow dans une série de comédies réalisées par Ralph Thomas. Il tourne également avec des réalisateurs anglais renommés tels que Lewis Gilbert, Anthony Asquith, Jack Clayton, Richard Attenborough ou Michael Powell. Il succède à Stewart Granger en jeune premier dans des films d’aventures, historiques ou exotiques, des drames romantiques, des drames de guerre, avec de séduisantes partenaires féminines : Jean Simmons, Kay Kendall ou Brigitte Bardot, et plus tard Olivia de Havilland, Ava Gardner, Judy Garland, jouant même Franz Liszt en 1960.
Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu’il accepte le rôle, périlleux pour l’époque, d’un avocat victime d’un chantage homosexuel dans La Victime de Basil Dearden (1961). Cette prestation lui vaut, outre sa première nomination aux BAFTA Awards, d’attirer l’attention de Joseph Losey, qui lui confie le rôle du valet sadique et ambigu de The Servant en 1963, rôle qui lui vaudra le BAFTA du meilleur acteur. Il retrouvera le réalisateur pour Pour l’exemple (1964, qui traite de la désertion durant la Première Guerre mondiale), Modesty Blaise (1966, espionnage pop avec Monica Vitti et Terence Stamp) et Accident (1967, écrit par Harold Pinter).
Dès lors, il excelle dans les rôles de personnages torturés, à la sexualité souvent trouble, comme dans Portier de nuit de Liliana Cavani, où il forme un couple sulfureux de tortionnaire nazi et de victime avec Charlotte Rampling, et surtout Les Damnés, sur une famille d’industriels allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, et Mort à Venise, drame homosexuel d’après Thomas Mann, signés par Luchino Visconti. Sa carrière internationale inclut aussi bien John Schlesinger (Darling avec Julie Christie) que George Cukor (Justine d’après Lawrence Durrell avec Anouk Aimée), John Frankenheimer (L’Homme de Kiev (The Fixer) sur un scénario de Dalton Trumbo) et Rainer Werner Fassbinder (Despair sur un scénario de Tom Stoppard d’après Vladimir Nabokov). Parlant parfaitement le français (il s’installe près de Grasse en 1968), il collaborera également — mais en anglais — avec plusieurs réalisateurs français parmi lesquels Henri Verneuil (Le Serpent avec aussi Yul Brynner et Henry Fonda), Alain Resnais (Providence aux côtés de John Gielgud et Ellen Burstyn) et Bertrand Tavernier, avec lequel il tournera son dernier film, Daddy nostalgie en 1990, où il joue le père du personnage interprété par Jane Birkin.
Bien qu’il soit toujours resté discret sur sa vie privée, il entretint avec son agent, Anthony Forwood (en) (précédemment marié à l’actrice Glynis Johns), une relation de près de cinquante ans, qui ne prit fin qu’avec la mort de celui-ci en 19881. Il se consacre alors entièrement à l’écriture et publie une douzaine d’ouvrages dont plusieurs livres de souvenirs.
Fait chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres en 1982, il est anobli par la reine Élisabeth II en 1992. Il meurt le 8 mai 1999 à Londres, des suites d’une attaque cardiaque.


Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dirk_Bogarde


Diffusion mercredi 7 juin 19h00
Rediffusion jeudi 8 juin 12h30


Animation Y.Desrichards
Réalisation B.Bertrand