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- Vincent Deleporte
mercredi 17 décembre 2003, par ,
Vincent Deleporte pratique la peinture dans des formes diverses où il ne sait quoi choisir, son travail illustre une oeuvre en recherche, en naissance. Toute la difficulté sera de reproduire sans effort apparent le tout premier geste, celui qui a trouvé la clef de l’émotion sans savoir comment.
Christophe Roux : Bienvenue Divergence, tu es un tout jeune peintre... tu as toujours peint ?
Vincent Deleporte : Oui. J’ai commenc l’ge de sept ans avec un professeur de dessin qui s’appelait Isabelle Moreau, une artiste qui vit Albi dans le Tarn. Et j’ai continu les cours de dessin... jusqu’ l’adolescence, puisque c’est une activit qui me plaisait, une passion. J’ai toujours continu, malgr le fait que j’ai pas... tent de rentrer aux beaux-arts, ou... j’sais pas... d’en faire vraiment un mtier, quoi.
C. R. : a part d’une passion... pas vritablement de dsir d’en faire un mtier... Tu t’es lanc tout seul ?
V. D. : Pas vraiment tout seul, puisque, bon... j’ai suivi ces cours, et je me suis beaucoup inspir de rencontres, d’artistes, et... j’ai aussi tudi, dans l’histoire de l’art, j’ai pioch un peu partout, mais c’est plus, vraiment, une passion qu’une envie de... d’en vivre ou de... du ct technique de la chose, quoi.
C. R. : Quels sont tes rfrences, les artistes que tu aimes particulirement, qui t’aident mrir ton travail ?
V. D. : Oui, ma principale influence, c’est un artiste des annes 50 qui s’appelle Nicolas de Stael, qui faisait de l’abstraction figurative, en fait...
C. R. : ...avec une trs trs belle exposition rcemment Beaubourg, c’est un artiste ’rfrence’ pour toi ?
V. D. : Oui. En fait je l’ai dcouvert quand j’tais au lyce et que j’tudiait l’histoire de l’art, et quand j’ai vu son tableau, je me suis dit "c’est vraiment a" que je recherchais dans la peinture, c’est la transition entre l’abstraction et la figuration qui n’est pas forcment une facilit, puisqu’il faut trouver les moyens de... der reprsenter les choses sans vraiment les... les montrer, c’est un peu... c’est une influence, quoi.
C. R. : Tu prsentes plusieurs toiles, avec des travaux trs diffrents. Des choses trs urbaines sur fond noir, et puis des choses plus anciennes qui sont trs diffrentes.
V. D. : J’ai suivi plusieurs tapes, et j’ai plusieurs projets en parallle. J’arrive pas me concentrer sur un seul projet la fois. On va dire qu’il y a la bande dessine qui m’intresse beaucoup, par, en fait, des photos peintes... j’ai tent de recrer un univers de bande dessinne partir de la photo, et a c’est par exemple... Bilal qui est connu, et qui marche par ce principe la, et j’pense que c’est un bon principe. Faire un lien entre la photographie et la peinture.
Jean Gelbseiden : Oui, il est celui par qui la perspective arrive, c’est trs marquant dans son travail.
V. D. : En fait je me suis rendu compte, au fur et mesure de mes peintures, que j’avais tendance utiliser beaucoup le noir, le noir de la pellicule, surtout pour le ciel, dans les bordures de mes tableaux. Et c’est vrai que mon format favori en ce moment est le format panoramique aussi, puisque tout ce qui est audio-visuel, films, et tout a, a rentre un peu dans mes proccupations, et ce qui m’intresse dans le travail sur la photo, c’est d’avoir cet effet de... de scne prise sur le vif, et de perspective vraiment raliste.
C. R. : Ce qui t’intresse c’est de partir de quelque chose de fig, et de le dvelopper avec ton imaginaire ?
V. D. : Oui, voil. En fait c’est poser mon imaginaire sur la ralit, et en a c’est un petit peu la dmarche de la science-fiction qui va prendre des faits rels, et qui vont tre modifis par rapport l’univers d’un artiste. Et ce projet de bande dessinne, ce serait plutt a, mais on verra... faire un bande dessinne en partant des photos...
J. G. : Ce qui m’intresse pour le coup d’oeil... on dit souvent que la peinture a quitt le figurativisme au moment o la photographie est arrive. Et l, on est dans l’instantan, alors qu’avant on prenait le temps du portrait. Mais par rapport l’abstraction que tu as voque il y quelques instants... On croit souvent que l’abstraction est forcment quelque chose qui arrive de faon totalement spontane, de faon absolument alatoire, pas calcule... et c’est pas a !
V. D. : Je pense que par rapport la valeur de l’abstraction. a a aussi un ct... dans le rel. C’est dire qu’un artiste qui va faire un tableau abstrait va forcment reprsenter ce qui le touche profondment, par un autre procd, dans un autre style, mais... Par exemple on peut trs bien peindre... une faade, comme les tableaux d’architecture que j’expose, et y voir un visage l’intrieur. a peut tre tout aussi humain, la pierre, le minral, qu’un homme... qu’un portrait, quoi.
C. R. : Parles nous des premiers tableaux que tu as raliss... du premier, un des plus grands qui est vraiment... avec cette foule de petits personnages... C’est un peu paradoxal, parce que c’est peut-tre un des plus anciens, et qui... pour moi, me parle le plus, qui semble raconter le plus de choses.
V. D. : Pour moi ce tableau est important, parce que c’est le premier, en fait, de la srie, et tout le monde me dit que c’est le plus russi. Mais c’est souvent comme a, je pense, on essaie de faire quelque chose, on y arrive bien sur le spontan, et puis aprs si on veut y revenir c’est toujours plus difficile. C’est un tableau que j’ai ralis avec... des outils... j’aime bien utiliser des outils autres que le pinceau...
C. R. : C’est quel procd ?
V. D. : En fait c’est de l’acrylique, et c’est du noir et du blanc, tout simplement. J’ai tal la peinture avec des mines de bois, et des bouts de bois que j’avais taills moi-mme. Donc ce ct brut... la trace, a permet au hasard de rentrer en jeu, et ce moment l, de loin a peut paratre une photo, et de prs, si on regarde vraiment de prs, ce n’est qu’une trace. Les gens peuvent projeter dans cette trace, tout ce qu’ils peuvent imaginer.
C. R. : Et cette impression de solitude dans la foule...
V. D. : C’est dire que c’est une foule abondante, il y a beaucoup de monde, mais toutes ces personnes sont figes, statiques, dans un univers compltement blanc, o il n’y a pas de frontire, pas de limites, et pour moi c’est un peu philosophique, c’est... on peut voir ce qu’on veut dans cette scne, mais a reprsente un petit peu, peut-tre, le rapport la socit actuelle... beaucoup de gens dans le mme endroit qui ne se parlent pas forcment.
C. R. : Actuellement, quelles sont tes pistes de travail ?
V. D. : Actuellement, je fais plus de la photo, de la photo peinte, et je vais continuer aussi la bande dessinne, puisque je me suis mis un petit peu crire, et en fait je me suis inspir largement de... des photos, quoi.
C. R. : Tu as un scnario, une histoire ?
V. D. : a... a reste dans la science-fiction, c’est pas encore termin, je peux pas encore en paler.
C. R. : Merci Vincent, tu pourras revenir nous en parler quand ce sera le moment.
V. D. : Merci.
P.-S.
L’Espace Expression Libre de Divergence accueille les toiles de Vincent Deleporte jusqu’à fin janvier.






