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- Les présidentielles vues d’Allemagne
lun 16 janv 2012 - 12h30, différé - 17h30
lundi 16 janvier 2012, par
Invités de la semaine :
Kurt Brenner, l’ex-directeur de la Maison de Heidelberg.
Hans Demès, le nouveau directeur de la Maison de Heidelberg.
Sylvia Lamarty, spécialiste du couple franco-allemand.
Présentation de l’émission
Divergentes et divers gens, provoscopiennes et provoscopiens… écoutez le bonjour du Loup et du Renard. L’an 2012 promet de belles surprises politico-électorales : c’est moi qui vous le dis !
Sans réfléchir, vous pensez que durant le printemps se jouera l’avenir de la France en vertu du choix que les citoyens français feront. Vous êtes persuadés que le Président de la République ainsi que l’Assemblée Nationale sont les clés de voûte de nos institutions. Eh bien, non ! Détrompez-vous... La clé du gouvernement des affaires publiques se trouve planquée au delà de Bruxelles, à Berlin.
Vous n’aurez pas été sans remarquer depuis quelques lustres que l’essentiel des décisions qui engagent le pays sont prises en « collaboration » (Dieu que le mot est porteur de mémoire) avec nos « amis » allemands représentés par la Chancelière, Angela Merckel.
Si certains d’entre vous regardent le Grand Journal de Canal + et donc les Guignols, il ne vous aura pas échappé que les auteurs parlent dorénavant de Merckozy en lieu et place de Tom Pouce et de son égérie Angela !
Vous avez aussi constaté que la position allemande prévaut dans l’essentiel des cas et que le Petit Nicolas est souvent embarrassé pour expliquer les retournements de veste français.
Tout cela pour vous dire que l’avenir de la France ne se situe pas à Paris, ni dans les urnes ; mais bien à Berlin.
Et, comme de plus en plus de Français s’agacent de cette Europe qui leur échappe, il est nécessaire de bien comprendre que le changement ne peut venir que depuis l’autre côté du Rhin. Ce qui signifie que l’élection clé qui devrait nous passionner est celle des législatives à venir en Allemagne, et non la présidentielle ou les législatives françaises !
Il doit plus nous importer de savoir comment faire pour se débarrasser de la Chancelière que de gloser sur l’opportunité de voter pour Couçi-Couça ou pour Tom Pouce en jouant sur l’aile gauche ou sur l’aile droite, selon...
C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité réaliser une émission spéciale en invitant une bande de belettes germaniques pour qu’elles nous parlent de ceux que Françoise Giroud appelait les « inconvénients », de part et d’autre, non pas du rideau de fer mais du Rhin. Car les Allemands savent mieux que nous comment faire pour réorienter la politique allemande à notre goût.
Nous voilà donc pour 90 minutes de divergences franco-allemandes. Vous écoutez Provoscopie...
Bruits de rue…
A la question anodine posée dans les ruelles montpelliéraines, à savoir : qui gouverne ? Sarkozy ou Merckel... les réponses sont plutôt sans appel !
Une belle moitié des citoyens électeurs s’inquiète des positions intransigeantes de la Chancelière et de la mollesse des réactions élyséennes. Certes, cette moitié-là est volontiers eurosceptique quand elle n’est pas carrément europhobe. Tout de même, cela fait du monde... Des électeurs potentiels pour la Marine ! D’ailleurs, vous avez peut-être vu ce sondage de la semaine dernière qui dit, selon Libération, que 30% des Français seraient susceptibles de voter pour elle en avril !
Quant à l’autre moitié des citoyens électeurs, ils sont encore persuadés que leur champion peut peser dans la balance : comme si l’un ou l’autre pouvait faire fléchir la Chancelière sur la politique monétaire européenne !
Bref... en compagnie de Hans Demès, le nouveau grand patron de la maison de Heidelberg à Montpellier, mais aussi avec Kurt Brenner, notre belette autrichienne et enfin avec Sylvia Lamaty, spécialiste du couple franco-allemand, nous allons dire les choses comme elles doivent être dites. Et vous ne pourrez pas dire que vous n’aviez pas été prévenus !!!
llicoscopie… Présentation de l’actualité de la semaine… pour les invités.
Et c’est parti ! Comme il ne faut pas d’endormir sur ses lauriers... changeons quelque peu nos vieilles habitudes provscopiennes. Et plutôt que parler de présent, de passé et d’avenir, je vous invite à un petit voyage géopolitique.
Tout d’abord, parlons de la France. Puis partons redécouvrir l’Allemagne. Avant d’oser aborder les rives européennes. Le tout avec des invités qui ont retiré leur bottes avant d’entrer dans le studio (je plaisante), je veux parler de citoyens allemands qui ont une particularité intéressante puisqu’ils ont choisi de quitter leur Vaterland, leur patrie, pour migrer vers la terre que l’on se doit de plébisciter tous les jours comme nous y invitait Ernest Renan à la fin du XIXème siècle.
Commençons donc par parler de la France, s’il vous plait...
L’interview.
Pourquoi avoir choisi de vivre en France et à Montpellier particulièrement ? C’est pas beau l’Allemagne ?
Comment vivez vous la campagne pour les présidentielles et les législatives ?
Ne pensez-vous pas qu’il serait tout à fait légitime que vous ayez le droit de vote en France ?
Comment décririez-vous la situation de la France ? Sommes-nous, selon vous en déclin ?
Est-il plus enviable de vivre en France ou en Allemagne ?
La controverse.
Quels conseils pourriez-vous donner à nos dirigeants français pour mieux appréhender les Allemands ?
Le problème de la langue n’est-il pas un « mur » infranchissable ?
Certains économistes parlent, à propos de la France et de l’Allemagne de jumeaux. Qu’en pensez-vous ?
La France vient de se faire « dégrader » : elle a perdu le triple A, à la différence de l’Allemagne… Est-ce grave, selon vous ? Avons-nous un autre avenir que celui de devenir le parc à loisirs de l’Allemagne ?
Rétroscopie… Présentation du « retour sur Infos ».
Souvenirs, souvenirs… Parlez-nous, maintenant, s’il vous plait, de chez vous, de l’autre côté du Rhin. Parlez-nous de cette Allemagne devenue notre amie et que nous connaissons souvent très mal...
Mais, avant tout, laissons la parole au Renard. Je sens qu’il s’est enfoncé dans les limbes de l’Histoire. Et que le chevènementiste qu’il fut et le méditerranéen qu’il est voit dans l’Allemagne plus un danger qu’une chance...
La chronique du Renard : « J’y pense et puis j’oublie » !
Interview.
Expliquez-nous ... C’est quoi l’Allemagne ? C’est quoi un Allemand ?
L’adage ancien qui proclamait : « Arbeit macht frei » est-il encore d’actualité ?
Pourquoi l’Allemagne craint-elle encore l’inflation ... La peur d’une monnaie faible ?
L’Allemagne vieillissante a-t-elle encore un avenir ?
Parlez-nous de l’Allemagne réunifiée depuis 1990 ? Les vieux démons sévissent-ils encore ? Séquelles de la guerre (nazisme) ? Anti-communisme occidental ? Nationalisme économique ?
Quelles sont les relations entre Ossies et Wessies, entre Prussiens protestants et Bavarois catholiques, entre Germains occidentalisés et Prussiens centralisés ?
Comment les Allemands voient-ils les Français ?
Controverse sur la « morgue » dans les Infos.
Abordons la question politique...
Comment fonctionne la démocratie allemande en quelques mots ?
Quels sont les grands partis politiques ?
Quand auront lieu les prochaines élections nationales ?
Quels sont les grands débats qui animent le pays ?
Les Allemands sont-ils encore européens aujourd’hui ?
Futuroscopie ou « du passé faisons table rase » !
Présentation de la Futuroscopie de la semaine…
Fi de la France, fi de l’Allemagne, penchons-nous présentement vers l’objet de tous les soucis, de toutes les controverses actuelles : la question européenne ! Les géopoliticiens, à la fin du XIXème siècle, glosaient à propos de l’empire ottoman en disant de lui qu’il était « l’homme malade » ! Ne serait-ce pas le cas maintenant de l’Union européenne, cette construction pacifique qui s’est perdue ces vingt dernières années dans les méandres d’une démocratie qui ne parvient pas à s’affirmer ?
Le problème ne serait-il pas que les Européens sont arrivés au terme d’une politique qui ne saurait se dépasser ?
Autrement dit, cette Union a-t-elle encore un avenir ? Et si oui, lequel ?
Précisément, nous sommes là pour en parler.
Mais, auparavant, permettez-moi, une nouvelle fois un petit rappel historique à propos de cette construction européenne qui s’est faite sur fond de réconciliation franco-allemande...
La chronique du loup : « Fais-moi peur… »
Les limites de la démocratie franco-allemande.
Il était une fois des cousins germains qui, séparés par quelques montagnes vosgiennes, s’étaient tellement perdus de vue qu’ils ne se comprenaient plus. En l’an de grâce 843, ils se divisèrent via un traité dit de Verdun qui allait engendrer un bellicisme et des guerres durant plus de mil ans. Ces cousins-là inventèrent la France et l’Allemagne. Une détestation largement réciproque anima les deux nations au point de s’entre-détruire lors des deux guerres dites mondiales entre 1914 et 1945.
Mais, mes deux cousins finirent par se rendre à la raison. Point de victoire définitive ni d’un côté ni de l’autre. L’Europe qu’elle soit napoléonienne ou hitlérienne n’avait pas survécu pas à leur fondateur.
Une seule solution apparut à ceux que l’on nomma les pères de l’Europe : fonder une « maison commune » de part et d’autre du Rhin sur des bases économiques d’abord et civilisationnelles ensuite. Bien leur en prit … Depuis, le continent, débarrassé de la Mittel Europa, vit en paix ! Certes, la paix n’a pas de prix ; mais elle a un coût, la réconciliation franco-allemande !
Et, depuis de Gaulle et Adenauer, en compagnie de la fondation Bosch par exemple et de l’Office Franco-Allemand de la Jeunesse, l’affaire suit son bon homme de chemin…
En effet, c’est en 1963, le 21 janvier, que fut signé peut-être le traité le plus important de l’histoire contemporaine européenne : le traité dit de l’Elysée. Il consacrait une réconciliation de droit et une véritable alliance entre les deux Etats de l’époque : la RFA et la France.
Mais… depuis… Le MUR est tombé ! Du mauvais côté !!! De l’Est vers l’Ouest, oublieux de nous, Français… de nous protéger ! Et nos cousins germains de risquer d’être tentés de reconstituer la Mittel Europa et de nous infliger ce que Jean-Pierre Chevènement appela alors le IVème Reich ! Malheureusement, à l’époque, l’homme de la France Unie, François Mitterrand, accompagné de Gorbatchev, s’embrouilla dans les limbes de l’Histoire. Il échangea une unification improbable contre une monnaie unique INDEPENDANTE ! Fichtre ! Ah, l’erreur !!!
Depuis 1992, Maastricht aidant, la monnaie unique a vu le jour et les Français, dépossédés de leur souveraineté budgétaire, s’embourbent dans des retournements de veste politico-rhénans…
Pourtant, depuis 2003 et le traité dit de ‘Elysée 2’, a été créé une fédération franco-allemande unissant les deux nations, les deux Etats, pour le meilleur et pour le pire.
Alors… parler dorénavant de Merckozy ne relève plus d’un néologisme mais d’une lapalissade ! La France ne sait survivre avec une monnaie forte, tandis que l’Allemagne ne sait vivre avec une monnaie faible. Et nous, pauvres prêcheurs… de patauger dans le marigot des pouvoirs entre Seine et Rhin.
Pour autant, qui saurait remettre en cause l’amitié franco-allemande même si elle ne tient pas toujours de la franche camaraderie ? Personne… Nous sommes encore trop gavés aujourd’hui…
Interview.
Pensez-vous que l’Union européenne est démocratique aujourd’hui ? Comment envisageriez-vous de la rendre plus démocratique ?
La démocratie : un système dépassé ?
Quel est, selon vous, l’avenir de la monnaie unique, l’Euro ?
Pourquoi ne parle-t-on jamais de la fédération franco-allemande qui existe depuis janvier 2003 ? En parle-t-on en Allemagne ?
L’Europe, est-ce encore une bonne idée ?
Controverse avec les invités.
Revenons sur terre, chez nous... Parlez-nous de ce jumelage entre Montpellier et Heidelberg...
Quel est le rôle de la maison de Heidelberg ? Et celui de la maison de Montpellier à Heidelberg ?
Quelles sont les actions que vous entendez mener dans les mois qui viennent ?
Plus concrètement, quelles relations avez-vous avec madame le Maire, avec les élus... du département, de la région...
Où en sommes-nous réellement de la réconciliation franco-allemande ?
Doit-on craindre, éventuellement, un retour des nationalismes entre nos peuples et plus généralement en Europe ?
Quels seraient les meilleurs dirigeants en France et en Allemagne pour les années à venir ?
Mais encore…
Pour conclure, croyez-vous encore en l’avenir de l’Europe unie ?
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P.-S.
Remerciements à la technique en la personne de Gilles Gouget.
Semaine prochaine, nous partons à la quête du « troisième homme », du trublion souvent chabanisé lors de l’élection présidentielle. Un homme ? Une femme ? François Bayrou ou Marine Le Pen ? L’extrême Centre ou l’extrême Droite ?
En attendant... BONJOUR CHEZ VOUS...
Et n’oubliez jamais que, tout compte fait, la révolte n’est pas un droit mais un devoir !!!
Animateur(s) :
Yves Le Bozec (le loup) Jean-François Gibert (le renard)
Réalisation Technique :
Gilles Gouget










