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- Laurent Villarem
jeudi 10 février 2000, par ,
Laurent Villarem est photographe, et ce qui anime ses déclics, c’est souvent la musique, qu’elle soit électronique ou acoustique, que l’instrument soit une platine ou un piano.
Jean-Franois Rigaudin : On vous connat sur Divergence, Manuel Plaza vous avait reu lors d’une exposition sur Boralis...
Laurent Villarem : J’avais fait une expo d’un mois au Rockstore avec 40 tirages 30x40, et deux grands formats, c’tait une exposition en noir et blanc.
J.-F. R. : Ce qui n’est d’ailleurs pas du tout le cas de celle-ci. Elle est en couleur, mais on reste dans l’ambiance... spectacle, dans l’ambiance live, puisque... c’est le titre de cette expo, "en live".
L. V. : C’taient des photos faites pendant Boralis avec les DJs, mais j’avais fait les photos en studio. Ils taient en train de danser, et on les a ramens dans un lieu compltement diffrent... On prenait les personnes hors-contexte. L, c’est diffrent, ce sont des photos prises sur le fait.
J.-F. R. : Pourquoi cette attirance toute particulire pour la musique ?
L. V. : C’est ma passion au dpart. J’ai toujours t attir par ce milieu, par les gens... Et puis... comme ce que je cherche principalement, c’est l’motion, la musique s’y prte parfaitement. Au moment du concert, le musicien concentre toute son nergie, c’est plus facile de la capter ce moment-l que dans la vie de tous les jours.
J.-F. R. : Il y a des personnes clbres, des personnes disparues, on le verra. Cette approche que vous pouvez avoir grce votre mtier, vous permet-elle de rentrer un peu plus dans leur intimit ? Quand vous les rencontrez, vous apparassent-ils d’une faon diffrente que pour le grand public ?
L. V. : Srement... je n’ai pas toujours l’occasion de les rencontrer, d’aller les voir. Mais sur des festivals d’une certaine dure, c’est sr que je suis dans les coulisses, et que je vois la faon dont se prpare le spectacle. Pour l’Opra par exemple, c’est trs enrichissant.
J.-F. R. : Que se passe-t-il entre le moment o vous les voyez avant le spectacle, et celui o vous les mitraillez ? Comment vous faites ?
L. V. : Ce qu’il se passe, c’est que plus j’ai les moyens de rencontrer les comdiens, ou les chanteurs, plus je m’imprgne de leur personnalit, et plus j’ai de repres pour prendre les clichs par la suite. Disons que c’est une motivation en plus, mais quand je prend le clich, je n’entend presque plus la musique. C’est un peu dommage parfois, je suis alors oblig de revenir le lendemain pour couter le concert, si c’est possible.
J.-F. R. : Vous avez parfois des retours de vos modles ?
L. V. : a arrive souvent sur les festivals, o on cotoie les musiciens plus rgulirement, mais c’est beaucoup moins simple sur des tournes. On a parfois que 5 muinutes pour faire des prises de vues.
J.-F. R. : Vous prsentez huit photos : Charllie Couture, Burning Spear, NTM, ou encore un groupe de rap moins connu, mais au nom fort sympathique : Les Biens Cool.
L. V. : Oui, c’est un groupe de Lille que j’ai pris en photo La Friche pendant les concerts organiss par I Am Marseille. a se renouvelle chaque anne.
J.-F. R. : Il y a une photo qui est diffrente des autres au moins deux titres. Pour le style musical auquel elle fait rfrence, mais aussi parce que c’est celle de quelqu’un qui nous a quitt, Michel Petrucciani. Pourquoi avez-vous tenu inclure cette photo dans l’expo, cette photo qui parat presque hors-cadre...
L. V. : Je ne fais pas trop la diffrence entre un musicien de jazz et Burning Spear. Pour moi, la musique va du Hip Hop Mozart. Et puis c’est une photo que je trouve bien sympathique...
J.-F. R. : Et vous tes modeste. Je trouve mme qu’elle est trs belle, on va essayer de la dcrire. On voit Michel Petrucciani de 3/4 dos, son piano, et l’intrt de la photo, c’est que son visage se reflte dans la laque du piano, au dessus du clavier.
L. V. : Le challenge de cette photo, c’tait de ne pas montrer son handicap, mais de montrer la magie de ce musicien. Lui est flou, pour donner une dynamique la photo, et sa concentration se voit dans le reflet, nette. Un peu par chance et par volont, j’ai russi obtenir cette image, avec en plus la petite anecdote : pour prendre ce clich, je suis pass par les coulisses pour entrer sur scne, et la fin du concert, on m’a demand les pellicules, alors j’ai refus de les donner, sinon en main propre Michel Petrucciani. C’tait une poque o je commenais la photo, je suis all dans les loges, et je lui ai demand si je pouvais les garder, je lui ai dit pourquoi, quel tait mon travail, et il a accept de me les laisser, c’est un trs bon souvenir.
J.-F. R. : Il a vu la photo en question ?
L. V. : Non, parce que c’est une photo que j’ai faite il y a quatre ans, et que j’ai garde dans mes tiroirs, sans jamais la sortir. A l’poque, je ne gagnais pas ma vie avec la photo, cela ne remonte qu’ un an et demi.
J.-F. R. : Vous avez beaucoup mitraill pour avoir ce clich ? Vous mitraillez, en gnral ?
L. V. : Disons que dans un concert de musique " fort volume", je suis plus l’aise pour faire mes prises de vues, et je peux effectivement en faire beaucoup. Mais dans un concert... classique, ou jazz, il ne faut surtout pas gner les musiciens, donc on ne fait que quelques prises de vues, de faon tre le plus discret possible.
J.-F. R. : Vous travaillez la plupart du temps sans flash ?
L. V. : Oui, je travaille avec de la 320T, pousse 1200 asa, a c’est pour l’ecktachrome. En ngatif couleur, je travaille avec une pellicule 800 asa pousse 1600, mes boitiers tant des EOS1, avec des optiques professionnelles trs lumineuses.
J.-F. R. : L’t arrivant, j’imagine que vous allez tre sur la brche toute la saison, avec tous les festivals...
L. V. : Oui, je compte aussi renouveler mon travail sur le Festival Radio France et Boralis...
J.-F. R. : On est l dans deux univers aux ambiances compltement diffrentes, dans deux travails photographiques diffrents aussi ?
L. V. : C’est vrai que sur Boralis, j’ai un concept de portraits, o je fais des photos dans le public, du public, puis des DJs. Tandis que sur le Festival Radio France, je fais des photos de scne, de coulisses, mais pas du public. Le public est un sujet plus intressant dans les ftes techno...
propos recueillis par Jean-Franois Rigaudin










