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La sueur comme étymologie du funk, de James à Carlinhos Brown

mardi 25 septembre de 19 à 20h., rediff’ jeudi 5 octobre de 10h30 à 11h30


dimanche 24 septembre 2006

Bienvenue dans “Goutte de Funk”, l’émission des funks et des cultures afro-américaines.

Pourquoi “Goutte de Funk” ? Parce que nous verrons aujourd’hui que le funk a ses racines dans la sueur, littéralement, et les odeurs corporelles.

Pourquoi Goutte de Funk ? Parce que le funk a des vertus curatives et, même s’il peut être consommé sans aucune modération, dès l’apparition de la première goutte sur l’épiderme le patient est en bonne voie. Une seule goutte suffit pour en faire un remède à la morosité, décrête le Dr. Funkathus. Parce que c’est la goutte qui fait déborder le vase, parce que c’est la petite goutte pour la route...

Cet espace est donc consacré au funk et aux musiques afro-américaines, soul ou hip-hop, mais aussi au samba-funk ou à l’afro-beat, ou tout ce qui pulse. Le funk est dans son essence fédérateur. Chacun peut y venir avec son manger et trouver sa place. Sans orthodoxie puriste, nous visiterons ainsi des artistes qui sont funk dans l’esprit plus qu’à la lettre : c’est-à-dire que les étiquettes ne seront considrées que comme un attribut secondaire, d’autres diront soul, jazz ou samba, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse puisque qu’une seule goutte suffit.

A tout seigneur, tout honneur : si c’est un lieu commun de commencer par James Brown, ce titre Cold Sweat sont les débuts officiels du funk selon certains historiens-encyclopédistes de la chose. A cause de ce solo de batterie de Clyde Stubberfield réclamé par James à grands coups de give the drummer some, où il demande à ce qu’on lui laisse tout l’espace pour s’exprimer. Accent rythmique donc, comme caractéristique du funk. Mais aussi le titre lui-même en faisait l’incontournable introduction de cette mission sur l’étymologie : une sacrée sueur froide !

Quant à la sélection de Bonde das Tinhosas par DJ Marlboro, vous entendrez le lien par le sample et compris qu’ici tout ne doit pas toujours être du meilleur goût... C’est aussi l’occasion de montrer que l’esprit du funk a vogué sous d’autres latitudes comme dans ces bals cariocas très à pics.

La Sueur étymologique

Comme souvent dès qu’il s’agit d’identifier l’origine étymologique précise des styles musicaux, le flou règne. Dans le cas du funk, plusieurs origines s’affrontent : le flamand fonck, le vieux français fumet, ou le ki-kongo lu-fuki...

Toutes renvoient à la sueur et aux odeurs corporelles... C’est donc une sélection thématique qui est proposée pour cette première. Que tu sentes “l’ail et la farigoulette” de la gueule (cf. 13NRV, groupe du microcosme funk parisien de la fin des 90’s) ou la vieille sueur acre sous les bras alors que tu t’apprètes à lever une gazelle (cf. GrandMaster Flash), t’es un peu grillé...

Quant à Clinton, ce Something Stank extrait de son dernier album prouve qu’à 65 ans, le bonhomme est en forme. On remarque encore une fois qu’il ne peut s’empécher d’aboyer, en bon Diogène du funk : J’adore les chiens. Ils représentent le côté instinctif de l’homme. Il y a du chien en chacun de nous. L’église a longtemps essayé de cacher ce côté là de l’homme.

La Fleur qui a poussé sur une poubelle

Bien des musiciens vous le diront, le funk est la fleur qui a poussé sur une poubelle. C’est son caractère urbain que l’expression fait référence, ses racines dans les bas-fonds, les marges, les banlieues aujourd’hui, les faubourgs autrefois, les ghettos aux USA... D’où le Junkyard Band, littéralement le Groupe de la Déchetterie, groupe de go-go, qui a commencé dans la récup’ et joué sur des seaux et autres poubelles avant de devenir une véritable attraction de Washington D.C. dans les 80’s et d’avoir été signé par le label Def Jam.

Incontournable aussi le Bahianais Carlinhos Brown, qui dit que les boîtes de conserve sont les pianos du Tiers-Monde et l’a démontré par son sens du recyclage. Le refrain est ici de circonstance : Suco do suvaco, jus d’aisselle littralement, pour un titre qui reste un morceau de bravoure en concert quand tout l’orchestre se renifle sous les bras en reprenant le refrain. Carlinhos Brown, ou le funk à mains nues, qui nous disait il y a quelques anneés lors d’un entretien réalisé à Salvador : La sueur exprime la sincérité de l’homme de scène. La sueur retire le maquillage. Hollywood nous a appris à nous maquiller mais je ne crois pas que la personne maquillée soit plus belle. Car l’homme atteint sa plénitude avec la sueur. La sueur donne la lumière. Quand l’homme sue, il brille.

Uh-Ohh, Good Goutte !!!

Play-list

- Roger & The Gypsies, Pass The Hatchet (1965), Saturday Night Fish Fry, SoulJazzRecords
- James Brown, Cold Sweat (1967), Cold Sweat, Polydor
- Bonde das Tinhosas, Pretinho sensual (2001), DJ Marlboro Apresenta New Funk 2001, SomLivre
- GrandMaster Flash, Underarms (1987), Da Bop Boom Bang, Elektra
- 13NRV, Shliing (2000), After Beat & Mourir, WatooMama/Night & Day
- George Clinton, Something Stank (2005), How Late Do U Have 2BB4UR Absent ?, The C Kunspyruhzy, LLC/Nocturne
- Son Of Bazerk, J.Dub’s Theme (1991), Bazerk, Bazerk, Bazerk, MCA Records
- JunkYard Band, The Word / Sardines (1987), The Def Jam Sampler Vol. 1, Def Jam Records/CBS
- Carlinhos Brown, Pop Raladro (1998), Mil Veres : Greatest Hits, EMI
- Da Lench Mob, Chocolate City (1994), Planet Of Da Apes, Priority Records
- D’Angelo, Chicken Grease (1999), Voodoo, OKay Player/EMI


 
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