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- " La Haine " - lectures publiques et choisies
en public et en direct du Baloar
mer 29 oct 2008 - 20h, rediff. - dim 2 nov - 10h
mercredi 29 octobre 2008, par ,
Toute l’équipe d’Accointance (Ferdinand, Claire, Mathias et votre serviteur pas toujours très humble : Florent) ; avec vous, public, nous allons communier ce soir dans un grand cri, non pas d’amour, mais de haine. Cruelle révélation : la littérature n’est pas forcément un message d’amour universel, elle peut se révéler rugissement de haine.
Accointance à Distance : le retour ! Le magasine de l’inactualité culturelle revient donc, avec son équipe et son savoir-faire dans la hargne littéraire. Toujours curieux d’explorer les méandres sulfureux de la chose écrite, n’y dédaignant point la fécalité, exultant à la découverte d’une créature immonde, difforme, de celles dont on se détourne avec horreur : « La sale bête ! Elle a du poil aux pattes ! »
Ah ! La bonne, vieille, saine et sainte haine que l’on peut éprouver dés les bancs de l’école envers un petit condisciple que nous prenons mystérieusement en aversion. Comme nous nous réjouissions de sa moindre infortune, humiliation, comment nous jubilions au spectacle de ses chagrins et si, de ses malheurs nous n’étions point spectateur, notre mauvaise pente nous invitait à penser : « Jaurai voulu être là pour voir ça ! »
Amour et haine, haine et amour, verbes et mots, mots et verbes au service de l’indicible, tant il est difficiles d’exprimer l’une et l’autre, sans sombrer dans la niaiserie ou la bêtise. Cette bêtise universelle, caractéristique de l’espèce humaine, selon certains misanthropes qui la rejette, la méprise et la conspue dans son intégralité sans omettre, tel Timon d’Athène, de se compter dans le lot.
Au programme de ce soir, au programme de cette messe noire, chers accointants, du beau, du lourd, du mémorable détestable. Prenez bien garde, vous au premier rang, qu’enflammés par notre sujet, notre verve vénéneuse ne nous mène à postillonner et que ces postillons ne se révèlent crachats.
Avec nous, ce soir, Almeida Negreiros, Lautréamont, Albert Camus, Ernest Coeurderoy, Victor Hugo, Emile Zola, Dorothy Parker, Fernando Pessoa, Jorge de Sena...
Mes frères, conjuguons ensembles le verbe haïr : je te hais, tu me hais, il me hais, elle me hait, nous nous haimons !...
Florent ROBIN






