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Divergence Numérique n°60

LOPPSI commentée par Marc Rees de pcinpact.com, Richard Stallman, Nouveautés logicielles

jeu 21 janv 2010 - 19h, rediff : sam 23 - 18h

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jeudi 21 janvier 2010, par Anaël Navarro, Pascal Rullier

Et voilà, tout est dans le titre !

Pascal Rullier et Anaël Navaro pour votre dose hedomadaire d’info sur le Libre. Une édition très politique puisque marquée par un enième acronyme pour une énième loi visant au contrôle social.

La LOPPSI examinée le 9 février à l’Assemblée, un point d’étape

C’est par le programme de travail des prochaines semaines qu’on l’apprend : le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI) entrera en discussion à l’Assemblée nationale le 9 février prochain.

Nous reproduisons le point d’étape déjà publié dans nos colonnes, mis à jour avec les derniers développements sur ce dossier.

Quand ?

Le projet de loi LOPPSI est d’une urgence relative, malgré la description apocalyptique d’Internet par le ministre Hortefeux. La LOPPSI 2 devait être adoptée au premier semestre 2008. Elle entame donc ses deux années de retard.

Ministre de l’Intérieur en juin 2008, Michèle Alliot-Marie expliquait : « nous nous sommes mis d’accord : l’accès aux sites à caractère pédopornographique sera bloqué en France. D’autres démocraties l’ont fait. La France ne devait plus attendre. » Ainsi était "vendu" la LOPPSI : la lutte contre la pédopornographie en ligne. Ce discours est accessible sur Webarchive (merci Firefox) mais plus sur le site du ministère.

Aujourd’hui, Horteufeux nous explique que « ce sera une première ». Une manière de cacher ce retard alors que, si l’on suit le ministre, le net est si dangereux.

Pourquoi une loi et pas une charte ?

En juin 2008, nous révélions que le gouvernement d’alors tentait de faire signer aux acteurs du web une sorte de document « moral », une charte dans laquelle ces intermédiaires s’engageaient aux meilleures pratiques possibles. Et notammant au blocage des contenus pédophiles. Ce texte avait été poussé par une recommandation du Forum des Droits de l’Internet datant de 2005-2006.

Explication du ministère de l’Intérieur : « la délinquance évolue vite. S’il faut une semaine pour obtenir d’un FAI les adresses IP, la localisation d’une personne, etc., et qu’un attentat est commis, plus personne ne dira que nos mesures étaient exorbitantes du droit commun (…) il nous faut les moyens techniques pour ne pas être en retard sur les technologies. Il n’a pas d’idée de contrôle P2P sur les contenus (…) Nulle part il n’est dit que le gouvernement souhaite filtrer d’autres sites que les sites pédopornographiques ».

Opportuniste, l’Industrie du disque se disait cependant très attentive aux progrès techniques réalisés dans le blocage des sites pédopornographiques. Protection des enfants, protection des MP3, même combat.

Depuis, le filtrage s’est invité dans la loi sur les jeux d’argent en ligne, un projet sur les jeux dangereux et a fait son nid dans la loi Hadopi, et pas qu’un peu puisqu’il a été sollicité au plus haut, par Nicolas Sarkozy.

Mais pourquoi une loi ?

Les opérateurs sont tenus à une obligation de neutralité. De plus, bloquer un site peut générer des faux positifs : on bloque un site, qui se révèle être finalement non pédophile. On bloque un site, et finalement on bloque tous les autres sites hébergés sur le même serveur… etc. Quid dans ce cas des dédommagements ? Qui doit payer ? Qui est responsable ? Passer par une loi permet de trancher cette question en orientant cette prise en charge sur les deniers de l’Etat. La neutralité technique des intermédiaires se dédouble d’une neutralité financière.

Et c’est pourquoi Free soutenait : « nous sommes légaliste. Nous n’avons pas fait mystère que pour nous c’est un sujet suffisamment grave qui ne peut être traité que par la loi et non par une énième charte ».

Que dit la LOPPSI en pratique sur le filtrage ?

Tout - ou plutôt les rares éléments sont dans l’article 4 du projet en cours :

Article 4

I. – L’article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique est ainsi modifié :

1° Après le quatrième alinéa du 7. du I, sont insérés deux alinéas ainsi rédigés :

« Lorsque les nécessités de la lutte contre la diffusion des images ou des représentations de mineurs relevant des dispositions de l’article 227-23 du code pénal le justifient, l’autorité administrative notifie aux personnes mentionnées au 1 les adresses internet des services de communication au public en ligne entrant dans les prévisions de cet article, et auxquelles ces personnes doivent empêcher l’accès sans délai.

« Un décret fixe les modalités d’application de l’alinéa précédent, notamment celles selon lesquelles sont compensés, s’il y a lieu, les surcoûts résultant des obligations mises à la charge des opérateurs. » ;

2° Au dernier alinéa du 7. du I, les mots : « quatrième et cinquième » sont remplacés par les mots : « quatrième, cinquième et septième » ;

3° Au premier alinéa du 1. du VI, les mots : « quatrième et cinquième » sont remplacés par les mots : « quatrième, cinquième et septième » ;

II. – Les dispositions du I entrent en vigueur six mois à compter de la publication du décret prévu au 1° du I et, au plus tard, à l’expiration d’un délai d’un an à compter de la publication de la présente loi.

Ce qui veut dire... ?

Les intermédiaires techniques (FAI et Hébergeurs) seront contactés par une autorité administrative qui leur demandera de bloquer tel ou tel site. S’ils n’y parviennent pas, ils seront susceptibles de lourdes peines. La sanction est lourde : un an d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende !

Le texte se garde bien de donner les détails techniques, ce n’est de toute façon pas de sa compétence. Dans la version initiale, il imposait une obligation de résultat aux FAI ("ces personnes doivent empêcher l’accès sans délai")

Vu la complexité du dossier, elle revient à leur demander de décrocher la lune, et d’être condamné s’ils ne le peuvent pas. Cependant, selon les derniers développements, l’obligation de résultat devrait se dégonfler : elle ne concernerait finalement plus que la prise en compte de la demande, non le blocage effectif, dans la mesure où celui-ci est tout sauf effectif. Là, on en reviendrait à une obligation de moyen.

Comment va fonctionner le blocage ?

Concrètement, on n’en sait rien à ce jour. Selon les rares données, on sait que la liste des sites à bloquer devrait être prise par un arrêté du ministre de l’Intérieur. C’est l’office de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC) qui transmettra cette liste aux FAI qui auront le choix des technologies de blocage. La loi ne parle aucunement des techniques ou des modalités pratiques, puisque c’est typiquement des détails qui sont de l’ordre du décret. Néanmoins, la LOPPSI et bon nombre d’autres acteurs savent qu’on joue ici avec le feu, quand bien même l’éradication de la pédophilie est incontestable.

Comment a été apprécié ce texte ?

Mal. L’ASIC comme les FAI avaient critiqué avant tout que le pouvoir se concentre dans une autorité administrative, et donc dans les mains du ministère de l’intérieur. Dans sa décision Hadopi, le Conseil constitutionnel a rappelé pourtant que toutes mesures susceptibles d’aboutir à un blocage de l’accès à l’internet se devaient d’être conciliées avec « l’exercice du droit de libre communication et de la liberté de parler, écrire et imprimer ». Et... seul le juge pouvait orchestrer cette conciliation. Faudra-t-il confier la décision de blocage à un juge, un vrai ? Mais l’impératif de rapidité dans la lutte contre la pédopornographie est-il compatible avec la procédure juridictionnelle ?

Pour l’ASIC, qui rassemble les acteurs du Web 2.0, ce régime « constitue [en l’état] un risque de porter atteinte à ce principe essentiel de neutralité vis-à-vis des contenus et correspondances privées transportés sur les réseaux ». Il ne faut pas l’interdire mais le limiter : « un dispositif de blocage doit bien être considéré comme exceptionnel et limité définitivement aux contenus pédopornographiques ». On réclame aussi un principe de subsidiarité tel qu’il existe déjà dans la loi pour la confiance dans l’économie numérique : on s’adresse d’abord à l’éditeur, puis à l’hébergeur, puis au FAI.

Le retrait est considéré comme la mesure la plus efficace. « Outre une plus grande efficacité, cette suggestion permettrait aussi de limiter la taille de la "liste noire", et ainsi le coût du dispositif supporté par l’État (et donc les contribuables) mais également le risque d’erreur dans les pages web placées sur la liste noire. »

Les FAI, tout du moins Free, partagent cette opinion

On critique par ailleurs la mauvaise efficacité du blocage (voir plus bas) Les risques de sous blocage ou de sur blocage ne sont pas des hypothèses d’école.

Pour la Commission de la défense nationale et des forces armées, « si ce dispositif semble opportun, l’étude d’impact correspondante n’en démontre pas l’efficacité, ni n’évalue précisément son coût global, tant en termes de compensation pour les FAI que de moyens pour les services de l’État ».

Le projet de loi LOPPSI admet sans rougir les risques de surblocage dans son texte de présentation (l’étude d’impact avant le projet de loi)

Un danger qui avait été souligné par différents acteurs comme Free ou Christophe Espern dans une étude de référence.

Quel blocage est finalement préféré des opérateurs ?

L’option BGP est celle qui est poussée par les opérateurs. Avec ce blocage par BGP, l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC) deviendrait une forme d’opérateur IP à part entière : il dresse une liste d’adresses IP à bloquer, à injecter dans des routeurs qui annoncent les routes à fermer. Selon Christian Aghroum, commissaire divisionnaire, chef de l’OCLCTIC, le blocage est « une bulle de protection, sorte de contrôle parental national [qui] va permettre à l’internaute de naviguer librement sans être assailli par des images plus que douteuses ». L’objectif sera donc d’installer une forme de voilage pour protéger les internautes « assaillis » d’images pédophiles...

Quels sont les risques de ce blocage ? Et les parades ?

Comme le montre le tableau de la Fédération Française des Télécoms, le blocage par BGP comporte des risques importants de surblocage et de propagation d’erreurs aux domaines voisins. Par ailleurs, comme toutes les autres solutions de contrôle préventif, les moyens de contournement sont nombreux :

  • sites miroirs
  • changement d’IP plus fréquent que la mise à jour de la liste noire d’IP
  • contournement fastflux
  • proxy http
  • proxy https
  • réseaux anonymisants type TOR

La LOPPSI, ce n’est que cela ?

Pas tout à fait.

La LOPPSI ce sont aussi les mouchards de la police

Le projet de loi autorise la police dans certaines circonstances à utiliser des logiciels mouchards enregistrant les frappes au clavier (keylogger) ou des captures d’écran, à l’insu de l’utilisateur. Ces dispositifs pourront être installés sur place ou même à distance durant une période de huit mois.

L’accueil fut plutôt froid du côté de RSF comme de la CNIL : « Le projet de loi prévoit la possibilité de mettre en oeuvre un dispositif de captation dans tout type de point d’accès public à Internet (cybercafés ou bornes d’accès publiques). La Commission souligne la portée de cette disposition, qui pourrait permettre l’enregistrement pendant une durée d’au plus huit mois, de tous les caractères saisis au clavier et de toutes les images affichées sur l’écran de tous les ordinateurs d’un point d’accès public à Internet, et ce, à l’insu des utilisateurs. »

La LOPPSI c’est aussi le fichier d’analyse sérielle

La LOPPSI, c’est aussi le fameux fichier d’analyse sériel. Il s’agit d’un système de traitement des données ouvertes (informations disponibles sur internet, Facebook, Twitter, etc.) ou fermées (IP, numéro de téléphone, données détenues par les FAI) qui pourront être exploitées dans le cadre de certaines infractions. C’est là une une capacité énorme de rapprochement et de traitement de la sérialité qui est en phase d’installation.

Une infraction a lieu près d’une banque et voilà la police autorisée à analyser la liste de tous les mobiles qui ont passé un appel à partir d’une borne située à proximité, les références GPS des voitures en circulation dans les alentours, les numéros de CB utilisés pour payer ou retirer de l’argent, le tout croisé avec tous les fichiers possibles comme ceux détenus par les autres administrations et tous les opérateurs privés, ou sur les réseaux internet. On veut aller très vite et ratisser très large.

La LOPPSI c’est aussi la sanction de l’usurpation d’identité

La LOPPSI veut sanctionner le fait d’utiliser « de manière réitérée » l’identité d’un tiers ou des données qui lui sont personnelles, « en vue de troubler la tranquillité de cette personne ou d’autrui ». Peine encourue : un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.

Est puni de la même peine « le fait d’utiliser l’identité d’un tiers ou des données qui lui sont personnelles, en vue de porter atteinte à son honneur ou à sa considération. » L’ASIC avait été très remontée contre ce texte. Elle ne comprend pas pourquoi la menace/harcèlement implique un acte réitéré, tandis que l’atteinte à l’honneur se suffit d’un seul acte.

« Un billet blog publié en 2007 puis un autre en 2009 seront-ils analysés en un acte réitéré ? » se demandent les acteurs du Web. Pire : « Dans la mesure où ils ne visent pas seulement l’usurpation d’identité mais aussi tout usage de toute donnée personnelle d’autrui d’une manière qui trouble sa tranquillité, les interdictions pourraient s’appliquer au fait de « tagger » quelqu’un sur une photo sur un réseau social sans son accord, au fait de critiquer qui que ce soit sur un blog, au fait de critiquer un artiste, une personnalité, une personne publique sur un forum, ou s’appliquer même à la vidéo de Sarkozy au salon de l’agriculture disant « casse-toi pauv’con ».

D’un devoir de mémoire, ce texte impose une obligation à l’oubli et porte atteinte directement à la liberté d’information.

Article rédigé par Marc Rees

http://www.pcinpact.com/actu/news/5...

— - Interview de Marc Rees de PCINPACT


Pause musicale


Richard Stallman : « Il faut légaliser le partage »

De passage à Paris, Richard Stallman est venu prêcher la bonne parole. Du logiciel libre, évidemment, devant une salle pleine. Publicité

A l’occasion de la sortie de sa biographie*, revue, corrigée et enrichie par ses soins, Richard Stallman tenait une conférence, mardi 12 janvier, au siège des éditions Eyrolles à Paris. L’occasion pour ce personnage controversé de revenir sur plusieurs épisodes de sa vie mais, surtout, de rappeler son point de vue sur nombre de sujets chers à ses yeux qui dépassent le seul enjeu des technologies de l’information. Morceaux choisis.

Logiciels libres

« Nous avons plus ou moins réussi, se félicite Richard Stallman, le système GNU marche plutôt bien en combinaison avec le noyau Linux et nous avons de belles interfaces graphiques, des outils bureautiques... ». Pour lui, le logiciel libre est une question de respect de la liberté de l’utilisateur, pas de prix. « Pensez à la liberté de la parole pas à la bière gratuite », lance-t-il avec un humour qui l’accompagnera tout au long de la conférence. Et d’associer à la Liberté du logiciel libre l’Egalité (« personne n’a de pouvoir sur personne ») et la Fraternité (« nous encourageons la collaboration entre utilisateurs »). Des notions droit de l’hommiste sur lesquelles Richard Stallman insiste.

Même si, d’un point de vue technique, le logiciel libre n’est pas forcément de meilleure qualité que le logiciel « privateur », il reste supérieur car « il y a toujours l’option de pouvoir l’améliorer », contrairement au logiciel propriétaire aux seules mains de son éditeur. Le pape de l’open source déclare alors préférer utiliser un logiciel libre imparfait qu’un logiciel propriétaire parfait. « Parfois la liberté exige des sacrifices. »

Hadopi, Dadvsi, licence globale...

La liberté des logicielle passe donc par la liberté de partager. « C’est pourquoi les lois DADVSI et Hadopi sont injustes car leur but est d’interdire la fraternité en privant la liberté de partager. » Sans surprise, l’initiateur du projet GNU GPL s’oppose à l’usage des DRM, ces verrous numériques qui interdisent à l’utilisateur d’utiliser comme il l’entend du contenu numérique et, donc, l’échange culturel. « Il faut légaliser le partage », lance-t-il en contrepoids.

Le créateur de l’éditeur de texte Emacs n’en appelle pas moins à soutenir les artistes. Et Internet constitue dans ce cadre un formidable outil à ses yeux. « Si chaque utilisateur disposait d’un bouton pour envoyer directement 1 euro (plus ou moins selon l’économie du pays) à l’artiste, beaucoup le feront. Beaucoup le font déjà malgré les difficultés. » Selon lui, « des artistes ont déjà gagné des centaines de milliers de dollars comme ça », sans pour autant citer lesquels.

Un système de paiement volontaire à ne pas confondre avec le principe de redevance généralisé proposé à travers la licence globale « car l’argent va aux entreprises pas aux artistes ». le créateur de la Free Software Foundation milite plutôt pour le mécénat global proposé par Francis Muguet (subitemment disparu le 14 octobre 2009) qui permet à l’internaute de décider lui-même de la répartition de la somme versée.

La menace SaaS

Intransigeant, Richard Stallman ne goûte guère les services applicatifs placés dans le nuage internet tels Google Apps et autre Salesforce.com. « Même ceux qui ont vu la menace du logiciel ’privateur’ ne voient pas la menace du service [en ligne], même si le serveur est sous licence libre. Car cela ne suffit pas à respecter la liberté de l’utilisateur, du logiciel et du serveur, il y a une perte du contrôle de l’informatique. Il faut le rejeter comme on rejette le logiciel privateur. »

Même les netbooks équipés de Linux ne trouvent pas bonheur aux yeux du gourou. « Un constructeur m’a proposé un netbook. Au démarrage, le système a affiché une licence utilisateur incompatible avec le libre. A la question si je les acceptais, j’ai répondu ’non’ et la machine s’est éteinte. » Rires dans la salle. Pourtant, il reconnaît implicitement devoir faire des concessions, notamment sur la question du BIOS, le premier programme, généralement propriétaire, que lance la machine au démarrage. Pour toute réponse à ce problème, Richard Stallman propose de « chercher des solutions libres ».

L’inertie sociale obstacle au libre

Mais le plus grand obstacle est peut-être l’inertie sociale qui favorise les logiciels propriétaires. « Les entreprises et l’école utilisent Windows. Chacun attend que l’autre change donc personne ne change. » La solution ? « L’école doit probablement commencer car elle a une mission sociale. » En attendant, les éditeurs privés profitent de cette inertie en fournissant gratuitement aux établissements d’enseignement leurs logiciels, rappelle le conférencier. Et de faire, avec son style humouristique propre, l’analogie avec la dépendance à la drogue. « La première dose est toujours gratuite. »

* Richard Stallman et la révolution du logiciel libre, Editions Eyrolles, disponible à partir du 21 janvier.

Par Christophe Lagane http://www.silicon.fr/fr/news/2010/...


Pause musicale


Performous sort en version 0.5.0 et ajoute la danse

Performous est un logiciel de type karaoké sous licence GPLv2+, avec des fonctionnalités d’affichage des paroles, des notes, une évaluation de la performance et un support des tapis de danse.

Un mois après la dernière version majeure, l’équipe de Performous annonce la disponibilité de la nouvelle version majeure 0.5.0. Après avoir ajouté les fonctionnalités de type groupe ("Band") c’est au tour des tapis de danse d’être de la partie. La fonctionnalité a été développée par trois étudiants finlandais Aave, JNikkola and Kemppi. Aave ayant rejoint la liste des développeurs principaux sur l’ensemble du projet.

L’équipe tient également à remercier tout particulièrement Xaldyz, Zar et Stump qui ont permis la création d’une version Windows et Mac OS X en version "Bundle".

http://performous.org/


Hackable:1 et Openmoko User Meeting à Paris

Le 29 Janvier de 19h à 22h, à la Cantine, espace de rencontre dédié aux nouvelles technologies, se déroulera un nouvel Openmoko users meeting. Vous aurez l’occasion de rencontrer les membres de la communauté et voir les – nombreux – projets en cours. Vous pourrez aussi discuter des récentes avancées de la communauté Openmoko (également abondantes : FSO, accélération matérielle, amélioration de l’autonomie, optimisations et prise en charge officielle par le noyau...) ; des ateliers et présentations seront organisés, etc. Une partie de la soirée portera également sur les futures évolutions de la distribution hackable:1, implémentant la plateforme Gnome sur une base Debian. Attention, fort risque de restaurant post-rencontre.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Openmoko

http://linuxfr.org/2010/01/15/26352.html


La Jordanie adopte les logiciels libres avec le support de Ingres

La Jordanie vient de signer un partenariat original avec Ingres, l’éditeur de bases de données. La Jordanie souhaite avoir un rôle majeur dans le moyen-orient pour le développement du logiciel libre. Dans le domaine du logiciel propriétaire ce ne serait même pas pensable. Pour y parvenir, la Jordanie s’est associée à Ingres qui souhaite développer son activité dans la région. Ingres est à l’origine un logiciel développé à l’université de Berkeley. La licence BSD a permis à son auteur de créer son entreprise et de fermer le logiciel. En parallèle, PostgreSQL, la branche libre issue de la même origine a continué son développement. C’est en 2004 que Ingres a décidé de changer de stratégie et d’ouvrir son code afin de mieux résister à la concurrence.

http://www.silicon.fr/fr/news/2010/...

http://linuxfr.org/2010/01/15/26351.html


Sortie de Samba 4 alpha 11

Samba4 alpha11 est sortie, il y a quelques jours de cela. Soit près de deux ans et demi après l’annonce sur LinuxFR de la sortie de l’alpha1. La version 4 de Samba vise à offrir une alternative libre et compatible au service d’active directory de Microsoft, présent dans toutes les versions serveurs du système d’exploitation Windows depuis la version Windows 2000. Outre la partie active directory, Samba 4 continuera d’offrir une implémentation libre du service de partage de fichiers et impression.

Depuis quelque temps maintenant, Samba4 est capable de se comporter comme un contrôleur de domaine active directory pour la plupart des tâches courantes. Dernièrement la version alpha9 a vu l’arrivée de la gestion des droits d’accès (ACL) au niveau des objets de l’annuaire et la réplication entre les contrôleurs de domaine (protocole DRS).

Cette onzième itération d’alpha améliore grandement la gestion de ce protocole puisque Samba 4 peut maintenant joindre un domaine avec un autre contrôleur Samba, mais aussi un domaine avec contrôleur Microsoft Windows (jusqu’à la version 2008 server R2). On peut aussi ajouter un serveur Microsoft Windows à un domaine avec un (ou plusieurs) contrôleur(s) Samba et même le promouvoir contrôleur.

La gestion de la réplication entre contrôleurs de domaine est importante car elle permet de ne plus avoir un point de faiblesse unique (SPOF) et pourrait marquer le départ d’une utilisation plus importante de Samba4. Il est à noter que malgré son statut alpha, il existe quelques entreprises qui l’utilisent quotidiennement et que quelques autres pensent à l’utiliser.

http://wiki.samba.org/index.php/Sam...


La fondation Linux ouvre un portail de recherche d’emploi

La fondation Linux, via son site linux.com, ouvre un nouveau portail de recherche d’emploi : le Linux Jobs Board destiné à offrir des emplois dans le vaste domaine de Linux. La fondation Linux, dont la mission est de protéger et développer Linux, veut profiter du trafic élevé sur son site pour relier les développeurs et les employeurs. Ce portail utilise le réseau JobThread. Et selon ce dernier l’offre d’emploi liée à Linux a augmentée de 80% depuis 2005. Un annonceur a le choix entre poster son annonce sur le portail Linux.com pour 99$ les 15 jours ou sur tout le réseau JobThread pour 49¢ le clic. NdM : nous vous rappelons qu’il existe également lolix qui offre un service équivalent gratuitement.

http://www.linuxfoundation.org/

http://jobs.linux.com/

— - Haiti : la cartographie libre OSM montre sa puissance

Le tremblement de terre qui vient de détruire Port-au-Prince - l’une des plus grandes catastrophes qui soit - a révélé l’importance de la cartographie libre via OpenStreetMap OSM et la puissance d’un mouvement libre.

OSM associe code en logiciel libre et données cartographiques libres. Issu des communautés du logiciel libre, tout comme Wikipédia ou d’autres mouvements de culture libre, OSM a montré une fois de plus sa pertinence ces derniers jours, durant cette tragédie haïtienne. En effet, quelques heures après la catastrophe, en deux jours, des internautes ont créé à partir de photos de satellites et de plans anciens, une carte complète de Port-au-Prince, incluant les centres de secours, les campements et toutes les indications permettant aux ONG de s’organiser. Cette carte est libre d’usage et tenue à jour en temps réel.

La vidéo montre comment la cartographie collaborative et bénévole a déjà été utilisée lors de précédentes catastrophes naturelles. La cartographie est un problème pour les pays pauvres qui n’ont pas les ressources pour tenir à jour une cartographie détaillée et pour les pays riches qui utilisent des structures archaïques et n’ont pas su se mettre à l’heure d’Internet.

OSM est un magistral exemple de la bonne utilisation des technologies libres du 21ème siècle.

Une autre initiative intéressante est celle qui a permis de sauver les DNS : la communauté informelle des administrateurs système s’en est chargée en dehors de toute procédure officielle et de toute autorité.

http://www.ecrans.fr/Haiti-Mobilisa...


Sortie de QGis 1.4.0 (aka Enceladus)

À peine 1 an après la sortie de la version 1.0, Quantum Gis ou QGis, un logiciel libre (sous licence GPL) de Système d’Information Géographique (SIG), sort en version 1.4.0.

Cette version corrige près de 200 bugs et ajoute 30 fonctionnalités supplémentaires. Elle est qualifiée de version de développement. Toutefois, "en développement" est différent de "instable" ! En effet, QGis gère trois niveaux de versions :

  • La version LTS (Long Term Support) : version 1.0.2 ;
  • La version de développement : version 1.4.0 qui corrige les bugs. C’est la version la plus à jour de l’application pour la production ;
  • L’instantané SVN qui lui est la version "unstable".

Pour votre rapide information, un SIG est un système d’information capable d’organiser et de présenter des données alphanumériques spatialement référencées, ainsi que de produire des plans et des cartes. Pour faire simple, les logiciels de SIG permettent de faire de la géométrie très facilement (en tout cas, plus qu’avec du papier millimétré). Traditionnellement, les données sont organisées en couche d’objets géométriques. Ces couches se gèrent comme des calques dans les logiciels de dessin.

Même s’il existe un SIG libre depuis 1982 (Grass GIS), l’information géographique a depuis longtemps été le fait de sociétés propriétaires. La conséquence immédiate se traduit par une multiplicité de formats de fichiers de données tous plus in-interopérables les uns que les autres. Par bonheur, QGis intègre GDAL/OGR, une bibliothèque de gestion d’une (très) grande majorité de ces formats propriétaires.

En terme de positionnement, QGis est un SIG de type bureautique (orienté utilisateur final et présentation) avec une interface complètement graphique.

Pour terminer, QGis est développé en C++ et utilise la bibliothèque/framework Qt. Son architecture lui permet d’utiliser des extensions codées en Python. Sachez enfin que, pour vous faciliter la vie, l’équipe de développement prend soin d’empaqueter son logiciel pour un grand nombre de systèmes d’exploitations (qu’ils soient libres ou propriétaires) : Slackware, OpenSuse, Ubuntu (Karmic, Jaunty et Intrepid), Debian Lenny (non officiel), Mac OS X, MS Windows.

http://www.qgis.org/fr.html


Open-PC l’ordinateur compatible avec le Libre

L’Open-PC, le premier ordinateur de la communauté pour la communauté sera disponible fin février. Il s’agit d’un ordinateur de bureau qui devrait être économique en énergie, prêt à l’emploi et facile à mettre à jour. Il n’utilise que du matériel supporté par GNU/Linux, avec lequel il est livré. L’environnement de bureau KDE est pré-installé.

Toutes les décisions concernant l’architecture, le design, le prix ont été concertées avec la communauté (par le truchement de sondages en ligne).

http://open-pc.com/


Musique piochée dans http://www.dogmazic.net/


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P.-S.

17/01/2010 20:00-20:26 21/01/2010 16:13-


 
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