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Jim Kane


mardi 16 juillet 2002, par Gilles Gouget

C’est pas tous les jours qu’un américain témoigne de ce qui le fait pas sur son sol natal.... et de ce qui le fait ailleurs. Jim Kane, c’est les musiciens de rues de Montpellier qui l’ont fait flasher sans flash, parce qu’à Philadephie ça court pas les rues... c’est mal vu.

G.G. : On te reois pour une exposition de photos, et avant de parler de ces photos de musiciens de rue, dans les rues de Montpellier, on va peut-tre te prsenter un petit peu... ton accent, peut-tre que quelques auditeurs ont dcel une origine d’outre Atlantique...

J.K. : Oui, c’est vrai. Il faut tout d’abord, je crois, demander des excuses pour ma part, de dchirer votre belle langue, mais je suis ici Montpellier depuis 5 mois, et j’ai pris... un an sabbatique de mon travail aux Etats-Unis, o je travaillais dans une agence de voyages... des voyages spcialiss... surtout des voyages culturels, que j’aime bien.

G.G. : Une anne sabbatique... parce que tu en avais marre de travailler, il fallait que tu t’ares un petit peu ?

J.K. : Oui, bon, c’est a, mais, pour moi... depuis huit ou dix ans, c’tait toujours trs important pour moi de voyager et surtout vivre l’tranger, pour connatre un petit peu plus les cultures et les peuples du monde. C’est mon truc, c’est quelque chose de trs important pour moi, et... une des facettes indispensables de vivre l’tranger, c’est d’apprendre la langue. Ouais, c’est pour a que je l’avais fait, c’est la deuxime fois que j’habite l’tranger pour apprendre une langue, et j’avais eu beaucoup de chance... j’ai pas mal voyag et voil... c’est ma vie.

G.G. : La premire fois, c’tait o ?

J.K. : La premire fois, j’avais 21 ans, et c’tait le voyage classique de tous les amricains, je crois, avec le sac dos... travers toute l’Europe. C’tait le voyage speed, si vous voulez... comme tous les amricains. Mais aprs... j’avais appris prendre mon temps, et de profiter un petit plus dans chaque pays, de rester plus de temps, et de... d’essayer d’apprendre un petit peu plus de chaque pays, de chaque peuple.

G.G. : C’est assez atypique pour un amricain d’attacher une telle importance au fait de rester plusieurs mois quelque part pour parler la langue. L’anglais est parl presque partout...

J.K. : Ouais, c’est vrai que c’est une raison pour laquelle beaucoup d’amricains n’apprend pas des autres langues, et c’est dommage, je crois, parce que c’est un petit aperu vers la culture aussi, de parler la langue. Mais en mme temps, je parle trois langues maintenant... et c’est pas beaucoup. En fait, j’ai une amie l’alliance franaise qui tudie l, avec moi, et elle parle couramment sept langues, donc je crois, je suis encore du travail faire.

G.G : C’est ton but ?

J.K. : Non, non non. Pas forcment. Je plaisante, mais pourquoi pas une autre langue dans quelques annes ?... Mais mon but, mon objectif c’est plus de voir, de voyager, de connatre les autres cultures. Et c’est pour a que... C’est impossible d’apprendre toutes les langues du monde, mais avec quelque unes, cela aide, je crois.

G.G : Tu viens de Philadelphie, sur la cte est des tats unis. Est-ce que tu pratiques la photographie depuis longtemps Philadelphie ?

J.K. : Oui, bon... C’tait vraiment un rsultat de mes voyages, et c’tait surtout, d’un ct, de maintenir, de conserver des souvenir, mais d’un autre ct, de partager un petit peu mes souvenirs, mes... mes impressions, un peu, des autres pays et des autres peuples avec les gens qui ne voyagent pas tellement. Et donc c’tait une manire de fonctionner pour les deux cts.

G.G. : Donc, la photographie en tant que pratique artistique... c’est assez rcent ?

J.K. : C’est assez rcent. Et c’tait en fait un autre but que j’avais... ici. Pas seulement de passer un temps en France, mais aussi de pratiquer beaucoup plus la photographie et d’explorer cette facette de ma personnalit, de pratiquer beaucoup plus. Comme tu le monde sait, c’est un peu difficile quand on travaille beaucoup, comme on bosse beaucoup, de pratiquer toujours les passions qu’on a.

G.G. : Des photos prises Montpellier en totalit ?

J.K. : Oui, cette exhibition, ce sont tous... ce sont toutes prises Montpellier, et il y avait un processus, quand mme. Il fallait, au dbut, faire la connaissance de chacun des musiciens, et c’tait une combinaison de leur parler, et aussi de leur observer, pour pouvoir faire un portrait qui refltait la personnalit de chacun.

G.G. : Des musiciens qui ont l’habitude de jouer dans la rue, mais pas que dans la rue, puisqu’on reconnat des musiciens qui se produisent rgulirement dans des groupes, et mmes certaines clbrits locales. Des musiciens avec qui tu as discut, pour pouvoir les mettre en scne d’une faon fidle ?

J.K. : Tout fait. Pour moi, c’est hyper important, avoir la permission du musicien, parce que c’est ncessaire pour prendre une bonne photo... On peut le faire, en voyageant, avec des visages humains en passant... c’est intressant aussi. Mais ici, avec ce thme, c’tait diffrent alors j’ai pris quelques... rolls.... quelques... 24 ou 50 tirages de chaque musicien, de chaque groupe. Donc c’tait capital d’avoir la permission, mais pas seulement la permission, mais de connatre un petit plus la personnalit de chacun, parce que j’ai essay de trouver une perspective qui refltait le rapport qua chacun avait avec leur instrument, avec leur groupe, avec soi mme.

G.G. : Il faut prciser que la photo, c’est pas ton mtier.

J.K. : Non, c’est pas mon mtier, professionnellement, pas du tout, c’est une passion, et quelque chose que je voudrais faire de plus en plus dans l’avenir.. mais jusqu’ maintenant, non, pas du tout.

G.G. : Malgr tout, en juger par cette dmarche d’aller les voir, de faire plusieurs films sur un musicien pour trouver la bonne perspective et tout a... je pense aussi la mticulosit avec laquelle tu as prpar l’expo !... Tu es peut-tre prt te lancer dans une carrire professionnelle...

J.K. : Bon, je suis pas sr... Il fait prendre des risques de temps en temps, et je suis pas sr que je suis prt de prendre un grand risque comme a. Mais quand mme, je vais chercher une manire de m’exprimer de plus en plus avec la photographie dans l’avenir. Mais c’est cette passion... qui vit dedans.

G.G. : Ce sont des clichs en couleur, d’un format assez grand...

J.K. : Oui assez grand... Et il y a beaucoup de personnes qui me disent qu’il y a du magique avec le noir et blanc. Je suis d’accord, mais moi je travaille surtout en couleur. C’est une chose trs personnelle, c’est pour moi.... Je vois le monde en couleur, et donc c’est pour a. Mais c’est un peu diffrent, parce qu’il y a beaucoup de noir et blanc, avec les musiciens surtout.

G.G. : Est-ce qu’ Philadelphie, il y a beaucoup de musiciens qui se produisent dans les rues ?

J.K. : Non, et c’est pour a prcisment que j’ai dcid de prendre les musiciens comme sujet. C’est une facette culturelle Montpellier, et je crois que mme Montpellier, c’est.... Montpellier produise beaucoup de musique par rapport au reste de la France. Et Philadelphie, il n’existe pas ce type d’activit... ambulante, si vous voulez.

G.G. : C’est peut-tre une question de climat aussi ? L’hiver, il fait peut-tre pas trs chaud pour jouer dans la rue ?...

J.K. : Ouais, c’est une question de climat, mais c’est aussi une question de culture. C’est beaucoup accept ici de jouer de la musique dans la rue. Et on peroit les musiciens ambulants comme un professionnel. Et c’est vrai, c’est tout fait vrai. Ils sont des professionnels, et... de temps en temps des professionnels trs trs dous. Et Philadelphie, mme, aux Etats-Unis je crois qu’il y a une petit peu de stigma.... c’est dire qu’il y a une perception toujours une petit peu ngatif qui fait... avec les gens qui font n’importe quoi dans la rue. Et mme si on joue de la musique... c’est pas considr comme un travail trs lev. Mais videment je suis pas d’accord avec cette perspective aux tats unis et c’est, je crois que pour moi, c’est une part de la culture trs riche, ici Montpellier.

G.G. : Est-ce que quand tu as fait ce voyage travers l’Europe... Est-ce qu’on peut tendre cette remarque d’autres pays europens ?

J.K. : C’est vrai qu’il y en a.... Il y a des autres villes en Europe o on voit beaucoup d’autres musiciens. Mais moi, par exemple, j’ai vcu Madrid pendant un an, et mme Madrid il n’y a pas le mme activit musicale dans la rue. Je crois que peut-tre c’est une question des grandes villes, des capitales. Les gens est trop presss peut-tre, on bosse trop et on bouge avec speed toujours. Mais je crois que c’est une question de climat un petit peu, une question de... c’est presque toujours dans les villes o vont les touristes. Et je crois que, mme quand je parle avec les musiciens ici, toujours ils me disent que c’est pour tre dans le milieu avec les autres musiciens. Donc le fait qu’il y a des musiciens attire encore plus des musiciens. Il y a quelque villes comme a, mais j’ai vcu surtout en Amrique du sud... et en Espagne, et l bas, il n’y a pas tellement d’activit musicale ambulante.

G.G. : Tu dois retourner aux Etats-Unis dans une paire de semaines... tu comptes revenir Montpellier ?

J.K. : J’aimerais bien. J’aimerais bien le faire. Je crois que c’est possible, mais maintenant je vais chercher un nouveau travail. Il faut tre li avec les langues, avec le voyage, avec une exprience internationale. Donc, il y a toujours la possibilit de mme travailler en France. Mais, ouais, c’est vrai que six mois c’est pas beaucoup de temps, c’est pas beaucoup, mais il faut mesurer la dure ralit de falloir gagner de l’argent, et l’autre ct d’agrandir un petit peu personnellement, de voyager et d’apprendre beaucoup, mais de... dans ce cas ci, de mon propre compte bancaire. Donc c’est pour a que je rentre. C’est pas un dsir vraiment, de rentrer en ce moment, c’est une ralit financire.

propos recueillis par Gilles Gouget


 
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