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Françoiz Breut - A l'aveuglette (T-Rec)

semaine du 27 au 31 octobre 2008, 9h10, 12h10, 17h10.


mardi 28 octobre 2008, par Manuel Plaza

Françoiz Breut : à l’aveuglette (T-rec)

Muse de Dominique A à leurs débuts concomitants, celle qui se faisait alors appeler Françoiz Brrr pouvait effectivement évoquer quelque chose d’aussi fragile et rafraîchissant qu’une stalactite de givre, un flocon de neige, une brise glacée, ce genre.

Il ne s’agissait à cette époque que de donner la réplique, de ci de là, au trémolo ornithophile du grand Nantais (pas encore) chauve ; d’incarner sur quelques chansons son double féminin et peut-être aussi son fantasme de Young Marble Giants à la française.

Mais ce timbre limpide, ces intonations languides et désinvoltes méritaient bien qu’on leur écrivît tout un album. Ce qui fut fait (Françoiz Breut, Lithium, 1997), et refait (vingt à trente mille jours, Labels, 2000)

Comme pour sceller la fin d‘une idylle musicale trop exclusive, la demoiselle convoqua pour son troisième album (Une Saison Volée, Tôt où tard, 2005) une véritable dream team d’auteurs compositeurs aux patronymes plus exotiques les uns que les autres : Fabio Viscogliosi (ex Married Monk), Federico Pellegrini (ex Little Rabbits ; French Cowboy), André et David Benouaisch (respectivement ex et actuel Herman Düne), entre autres. Une multitude de contributeurs pour un disque remarquablement cohérent et homogène, grâce aux arrangements et à l’interprétation du trio Gronemberger/Rambo/Toorop mais aussi grâce à une personnalité artistique incontestablement singulière et attachante.

Avec A l’aveuglette, un autre pas décisif est franchi puisque Françoiz Breut assume désormais seule l’écriture des textes, se mêlant aussi de composition avec les fidèles Luc Rambo (claviers, programmation) et Boris Gronemberger (guitare, banjo, batterie,). Tour à tour indolente, pénétrante, familière, la voix sortilège de Françoiz Breut aborde sans complexe de nouveaux grands espaces sonores. Portées par des bourrasques de cuivres, courant sur un dense maillage de vibraphones et banjos (les jeunes pousses) - qui n’est pas sans évoquer les strates harmoniques d’un Sufjan Stevens, les cavalcades épiques d’un Beirut - ou secouée par des embardées sauvages aux confins du surf rock, Françoiz Breut avance peut-être à l’aveuglette, mais sans le moindre faux pas.

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