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Franck

Expo. 15 novembre 2004 - 15 janvier 2005


mardi 23 novembre 2004, par Gilles Gouget

En toute humilité et bohommie, Franck nous a présenté une partie de ses personnages.

Gilles Gouget : prsent, on est en compagnie de Franck. Bonjour Franck.

Franck : Bonjour.

G. G. : On va parler de ton expo, mais aussi de Konectik, une association qui se sous-titre elle mme remde culturel, qui est base sur Paris et dont tu es assez proche.

Franck : Ouais. Ouais, exactement. a fait partie des gens qui s’occupent de moi sur Paris, qui font des expositions aussi. Je travaille aussi sur des dcors de thtre, et c’est avec ces gens l. C’est une fille qui a cr l’association, Thiphaine Aubert, et elle cr aussi des vnements, elle a un rseau d’artistes qui met en relation les artistes avec des partenaires sur plein de choses.

G. G. : Tu exposes donc une douzaine de pices qui ont la particularit d’tre trs originales par rapport au style de graphisme, aux couleurs aussi, qui sont peu nombreuses mais rcurrentes, surtout quand on sait que tu as fait plein d’autres choses avant. De la BD notamment. C’tait quand, c’tait comment, c’tait quoi ?

Franck : C’tait y’a dj bien longtemps. C’tait comment ? C’tait trs sympa la BD, seulement, a paye tellement bien que j’ai arrt trs vite. J’ai fait a pendant... sept huit ans, dessiner tous les jours, avoir des contacts avec les maisons d’dition, tout a...

G. G. : Tu as publi des albums ?

Franck : Non, j’ai jamais t jusque l. Tu sais, avant de publier un album... faut y aller ! Y’a pas mal d’annes o justement tu vois les maisons d’dition qui disent c’est pas mal c’que tu fais, mais l, tu vois la petite case, l, faudrait qu’tu la changes, donc tu la changes, puis tu reviens et on te dit ouais, mais l, ce p’tit truc, l.... Pendant deux ans ils te tiennent comme a en haleine, et au bout de deux ans, tu te dis qu’y serait peut-tre temps de faire un album.

G. G. : Des strips qui taient peut-tre parus dans des fanzines quand mme ?

Franck : Ouais, voil... J’ai aussi gagn des concours de bande dessine.

G. G. : Et a, c’tait pas Montpellier ?

Franck : Y’en a eu un Montpellier... Y’avait un festival il y a quelques annes sur la place de la comdie, Houbagora...

G. G. : C’tait dans quelle veine, quelles influences ?

Franck : C’tait assez raliste comme travail, de la couleur directe, c’est dire directement travaill au pinceau avec de l’acrylique, une technique trs longue, donc c’est vrai que je faisais aussi quelque chose qui n’tait pas facile.

G. G. : J’imagine que du coup, il en reste plein d’indits.

Franck : Ouais, j’en ai plein de cartons...

G. G. : Peut-tre l’occasion des les exposer plus tard sous une autre forme ?

Franck : a pourrait tre intressant, ouais.

G. G. : L, on voit pas mal de pingouins. Moi, j’ai t super ravi avec tous ces pingouins, pour nous qui soutenons les logiciels libres depuis quelques annes, mais ce pingouin l n’a rien voir avec a.

Franck : Rien voir, non.

G. G. : Le pingouin est ici comme une allgorie aux gens qui prennent des animaux domestique avant d’avoir des enfants.

Franck : Voil, ouais. Tu fais allusion une petite srie...

G. G. : C’est un couple qui adopte un pingouin, puis qui font un gosse parce que le pingouin s’ennuie. Est-ce que tu as l’impression qu’aujourd’hui les gens ne savent pas vraiment pourquoi ils font des enfants ?

Franck : Hol ! J’irais pas si loin (rire), non, du tout. Mais ouais, y’a peut-tre quand mme quelque chose voir avec a, en fait. Mais l, faudrait gratter, c’est pas tellement moi de dire a, mais plutt aux gens qui viennent voir l’exposition, les gens qui regardent mon travail.

G. G. : Au niveau des couleurs, y’a beaucoup de jaune, avec d’autres couleurs qui font leur apparition plus ponctuellement. a donne un ct spia l’expo.

Franck : C’tait vraiment voulu. J’aime bien ces teintes l, qui font penser du pastel, mais ce sont des acryliques dilues en fait, des jus de diffrentes teintes spia, sienne, ocre jaune...

G. G. : Des choses qui t’loignent ou te rapprochent de la bande dessine ?

Franck : Ben l, a m’en rapproche plutt. Justement, en crant des personnages, comme a, je renoue un peu avec la BD, d’autant que je raconte aussi des histoires dedans, donc... c’tait un peu le but du jeu.

G. G. : Est-ce que tu t’es rapproch de gens qui travaillent autour de la BD Montpellier, je pense aux gens de Six pieds sous terre par exemple ?

Franck : C’est des gens que j’ai crois une poque, mais vu que je ne fais plus de BD, je suis plus tellement dans le milieu. Mais j’en ferai bientt de la BD...

G. G. : Y’a aussi des bonshommes bizarre, mi ange mi dmons, avec une petite tte et un gros corps. D’o a vient, qu’est-ce que a veut dire ?

Franck : a vient d’une facilit de travail. un moment donn, j’aimais bien dessiner des visages. a me saoulais, en fait, de dessiner le reste du corps, donc je faisais des espces de grosses patates derrire la tte, et c’est venu comme a. Mais je suis pas le seul travailler ce genre de personnage avec des petites ttes et des gros corps. Et puis a peut faire plein de rfrences plein de choses... la bouffe. J’ai d’ailleurs une toile au Th mrit, juste cot, en bas de la rue du Pila, c’est un gros gros personnage dans une toute petite maison, devant une toute petite assiette. a illustre tout ce qu’on mange en ce moment, mais pas que pour la bouffe, ce qu’on coute, ce qu’on voit, toute cette espce de soupe qui nous entoure.

G. G. : Et contre laquelle il faut ragir, ragir par le dessin. Tu t’inspires aussi de la vie locale, avec deux toiles qui mettent en scne des affiches vues dans les rues de Montpellier.

Franck : l’poque o j’ai travaill avec la Grande Barge, j’ai fait pas mal de truc base de rcupration, et puis la rue... j’aime bien tout ce qui s’y passe, y’a tout un tas de personnes qui y font des choses. Donc je me suis mis dcoller des affiches, les retravailler, les recoller, et dessiner dessus un personnage que j’aimerai bien diffuser une peu plus, justement, comme un personnage un peu rcurent, dans la rue.

G. G. : Tu penses mme en tirer des affiches et les coller dans la rue...

Franck : C’est quelque chose qui va se faire incessamment sous peu, ds que je vais commencer avoir... parce que l, j’ai d’autres problmes.

G. G. : C’est un peu dans l’air du temps, on a eu Abjekt, qui est grapheur la base, aussi l’expo terrien-t’esrien qui propose du vandal’art pour animer les rues, pour que l’espace public soir un lieu d’expo permanent. Tu crois que a vient d’un besoin de se faire voir qui n’est pas assouvi ?

Franck : Oui, y’a un peu de a. Mais la rue, c’est quand mme une norme galerie. Y’a normment de gens qui passent, qui regardent. Depuis quelques annes y’a plein de petits stickers partout, c’est vraiment un bon support de communication.

G. G. : D’autant que le rue est envahie de publicit aussi, y’a l peut-tre une raction un peu pidermique ?

Franck : Ouais, je pense.

G. G. : La pub, justement, tu as jamais eu l’ide d’y travailler ?

Franck : Si si, mais a va venir. Tu sais, on commence par des affiches, c’est de la com’. Mais bon, ce serait plus dans le cadre d’artivisme ou de choses comme a. Le vandal’art, c’est rigolo aussi...

G. G. : Ce que l’on peut voir dans cette expo, ce n’est qu’un ct de ce que tu fais. Que ce soit graphiquement ou... puisque tu fais des choses trs diffrentes.

Franck : Ouais, compltement diffrentes. Je fais aussi un peu d’art cintique, notamment avec la Grande Barge, des installations d’art contemporain avec des petites machines, des cocons humains, tout un univers un peu la Kruger, des ambiances de vieux films des annes 50.

G. G. : Des choses qu’on peut voir actuellement ?

Franck : Non. a a toujours t sur Paris jusqu’ prsent. J’ai fait beaucoup d’exposition dans des squatts parisiens, mais pas trop Montpellier, o il n’y a pas de lieu alternatif comme a. Les squatts... pas terrible Montpellier.

G. G. : Ouais, les squatts, c’est pas joli...

Franck : Pas le droit.

G. G. : Pas le droit, non. On va dire un mot de Konectik. C’est un collectif qui oeuvre aussi hors la capitale ?

Franck : Oui absolument. C’est un rseau qui s’tend de Bruxelles Barcelone, Montpellier... On est en train de voir, l, avec l’Antirouille, pour faire venir un concert, avec quelques chanteurs, du human beat box, ce serait un cabaret lectronique. C’est un rseau qui se ballade travers la France et l’Europe.

G. G. : Il runit combien de personnes ?

Franck : la base y’a vraiment une personne la base de tout a, mais elle a un relationnel et un rseau assez tendus. Elle s’occupe de pas mal d’artistes, actuellement un dizaine d’artistes permanents, et autour de ceux l il y en a encore beaucoup dont elle s’occupe. Les crations d’vnements gnrent automatiquement la participation d’autres personnes.

G. G. : Ils n’ont pas encore de site web, mais on peut toujours leur envoyer un mail (konectif@yahoo.fr). Tu as d’autres expos en ce moment ?

Franck : Dans le cadre de cette tourne, on cherche aussi des salles dans la rgion pour faire passer ces artistes l.

G. G. : L’appel est lanc.

Franck : Sinon, j’ai quelques travaux voir chez Operacomix, au Th mrit rue du Pila... et puis chez vous.

G. G. : Merci Franck.

Franck : Merci.



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