Par : Gilles Gouget">Gilles Gouget

Les « chros » d’Olivier Nottale.

Thème : « Défilé de gauche, défilé de droite... »

Gauche, droite, gauche, droite, gauche...

Ce dimanche 5 mai 2013 aura vu des défilés dans nos rues de la capitale et de grandes villes hexagonales. Certains défilés se sont définis comme de gauche. D’autres se voulaient apolitiques ou « sociétaux » donc de droite.

La distance entre droite et gauche est bien difficile à cerner par les temps qui courent et les manifestants qui marchent. Battre le pavé à toujours été, sauf à de rares exceptions près, une habitude de gauche. Pourtant de temps en temps la droite s’encanaille, et souvent elle fait en grand ce qu’elle n’a pas l’habitude de faire. Elle se retrouve dans la rue pour une démonstration de force imposante. Souvenez-vous de la manifestation bleu blanc rouge à la fin de mai 1968. Ils étaient descendus dans les rues, les peuples de droite. On ne pouvait déjà pas parler d’un peuple de droite homogène. Quand aux gauches ce n’est pas nouveaux qu’on les différencie. Les "socialos", les « cocos », les « trotskistes » - en plus ceux là ils sont jamais d’accord entre eux -, les « anars », cela en fait bien des gauches plurielles, et j’ai oublié les « écolos », enfin ceux ancrés à gauche, cela fait du monde pas forcément d’accord sur tout et même actuellement sur presque rien. Le front, lui, annonce la couleur : il est de gauche et manifeste au nom de la gauche, la vraie. Ce qui prouve bien qu’il y en a une fausse. Suivez mon regard vers ces « socialistes » qui se revendiquent encore de gauche avant les élections mais dès qu’ils accèdent au pouvoir sont bien plus proches par leur politique de la droite avec quelques retouches plus humanistes.

Bigre, c’est compliqué la ligne de démarcation entre droite et gauche, en plus n’oublions pas que certains se revendiquent du centre et donc oscillent entre le centre doit et le centre gauche sans que personne n’arrive à savoir si cette position médiane veut dire qu’ils ont une opinion ou au contraire qu’ils n’en ont pas, et demande seulement au vent de décider pour eux vers quel côté ils doivent pencher. Le club des girouettes a toujours existé et tente encore de se faire remarquer au centre avec une obstination méritant le respect. Bayou revient, nos politiques sont passés à la centrifugeuse. Celle-ci les expédie soit à droite soit à gauche un peu comme avec une pièce de monnaie c’est pile ou face, rarement tranche !

Bon revenons à nos "manifs" du 5 mai 2013. A gauche du parti qui s’appelle encore socialiste, parce que personne n’ose le rebaptiser social libéral, il y a de l’espace, même un gouffre. La gauche du parti dit socialiste commence en fait très près de la droite ou du centre qui n’existe pas, puisqu’il est de droite. La politique et les aspirations des notables solfériniens n’ont rien de bien différentes de celles voulues par leurs collègues de l’UMP. Ils veulent le pouvoir, une société libérale où le rapport avec l’argent n’est plus tabou, pour y arriver on compte sur une économie capitaliste ayant la croissance comme unique objectif pour faire tourner la mécanique des marchés qui engendre les inégalités que l’on veut bien à la rigueur, si j’ose dire, alléger de minimums sociaux.

Donc nous avons une gauche de droite. Jean-Luc Mélanchon et ses associés du front de gauche n’ont aucun mal à manifester au nom de la vraie gauche l’autre étant de droite. Mais à droite il y a de l’espace aussi entre centre droit qui n’existe pas , et une droite classique qui disparaît depuis longtemps sous une droite décomplexée issue du "Sarkozisme". Cette nouvelle droite flirte avec une droite extrême qui ne l’est plus puisque ses idées sont banalisées. Donc la droite est vraiment de droite et les rares descendants des gaullistes de gauche sont plutôt à gauche tout court car pas issue de cette droite "Lepenisée".

Vous suivez mes chers auditeurs ? Une gauche de droite qui gouverne une droite de très à droite qui vocifère avec les anciens fachos devenus respectables. Dans les rues les gauchos qui protestent contre cette gauche de droite qu’ils ont porté au pouvoir, ne l’oublions pas si vite, et dans la rue d’à côté les familles chrétiennes bras dessus bras dessous avec les extrémistes les plus radicaux qui suintent la peste brune rêvant de balayer les parlementaires pour nous offrir une société purifiée en un ordre nouveau. De l’autre, la gauche de la gauche, comme on dit, mais que l’on peut tout simplement appeler la gauche - l’autre gauche étant de droite, c’est bien de suivre mes chers auditeurs -.

Cette gauche veut aussi un coup de balai pour renouveler une classe politique engluée dans l’affairisme et la loi des marchés. Balayons donc, mais attention à ne pas se tromper avec le manche, on aurait vite fait de donner un coup à gauche pour se reprendre un retour de droite.



Animateur(s) :
Olivier Nottale
Réalisation Technique :
Gilles Gouget