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- Bérangère Legrand vs BBELLINDA
samedi 11 septembre 2004, par
Sur les chapeaux de roues, pourrait-on dire, qu’elle démarre une carrière de plasticienne. Titre de sa première oeuvre, « blindasses » est devenu son nom d’artiste, et pour les deux B et les deux L, on lui a pas demandé pourquoi ; sans doute ses initiales sont-elles tombées dans ce prénom qui encadre de rondeurs la droiture du LI. Pour le reste, merci à elle pour les photos (j’ai plus d’appareil, les gars, ça la fout mal !), et n’oubliez pas d’aller visiter son site internet.
Gilles Gouget : Nous accueillons Brengre Legrand. Bonjour.
Brengre Legrand : Oui, bonjour Gilles, bonjour Violaine !
G. G. : Tu exposes l’espace Expression Libre de Divergence jusqu’au 6 septembre. On va d’abord prciser que tu es une montpelliraine.
B. L. : Oui. Mme une melgorienne !
G. G. : C’est carrment plus roots. En fait c’est tout nouveau, c’est ta premire expo...
B. L. : Exactement.
G. G. : ...mais malgr cela on peut dj voir ton travail sur internet, sur www.bbellinda.com.
B. L. : Oui.
G. G. : Alors, ton parcours, si j’ai bien compris, c’est une cole de commerce, puis une cole d’infographie.
B. L. : Exactement. Donc, au dbut, j’ai fait du commerce... donc, chose qui me correspond moins. Et l, donc, j’ai vraiment trouv ma voie, je fais de l’infographie, des montages photos, et j’fais a avec grande passion, et... Et donc je n’arrtes pas, j’fais a depuis quatre mois, cinq mois seulement et j’espre pouvoir continuer longtemps.
G. G. : Les tudes de commerce, c’tait... pousse par les parents, ou ?...
B. L. : Ah non, pas du tout. C’tait pouss... par moi, c’est dire que... Bon, ce systme d’alternance me permettait de faire mes tudes tout en travaillant. Donc c’est ce qui m’avait attire l dedans, mais pas plus, quoi... c’tait... Et puis donc, je l’ai eu, et puis je suis passe autre chose.
G. G. : Est-ce qu’il y a des restes de cet enseignement sur lesquels tu t’appuies pour motiver ton travail ?
B. L. : Ah oui oui oui, tout fait. Ben, dj, pour... pour dmarcher les gens comme vous, on va dire, ou quand j’ai des petits soucis avec un imprimeur, qu’il faut le rappeler, ben j’ai moins de mal le rappeler, hein. Quand y’a des p’tits soucis... je prends les choses plus en main, je suis plus rassure.
Violaine Picon : Est-ce que tu peux nous dire quoi il resemble, ton travail ?
B. L. : Alors c’est un univers trs kitsch, trs psychdlique, trs pop galement. Donc c’est trs color. C’est des montages photos que je fais partir d’une boite. Et partir de cette boite, j’intgre des lments. Donc, a peut tre des objets du quotidien, des objets de consommation, des pictos, beaucoup, des logos... enfin, je fais un mlange de supports visuels, comme a.
V. P. : Tu utilises le fond d’une poubelle, je crois.
B. L. : Oui. a c’est le petit secret. la base...
V. P. : Ah, ben j’ai rvl l’secret !
G. G. : Ooohh.
B. L. : Non, mais c’est pas grave (rire). C’est une poubelle en forme de boite. Donc, on va dire que c’est une boite, c’est plus... mieux. Je prends cette poubelle en photo, et a me donne un effet de perspective, et donc a donne au final l’impression d’tre dans une pice.
V. P. : Dans laquelle tu mets des tas d’objets...
B. L. : Dans laquelle je met un univers.
G. G. : On l’a dit, c’est de l’infographie, mais tu tires seulement huit exemplaires maximum de chaque travail.
B. L. : Exactement. Les tirages sont limits, et puis je fais deux formats : c’est 50x50cm, ou bien 70x70. Voil.
G. G. : D’o t’es venu cet univers graphique, qui fait vachement penser au pop art, un ct anne 70 ?... D’une rminiscence de quelque chose dans quoi tu as baign un moment, ou ?...
B. L. : Ben, bon c’est sr que de toute faon, visuellement, c’est ce que j’aime, tout ce courant pop art, c’est mon influence, c’est sr... Et puis ce concept de boite, c’est venu... je sais pas comment, un soir, comme a... Je voulais faire des montages... et je sais pas, a m’est venu... j’ai eu une ampoule au dessus de la tte ce jour l.
G. G. : C’est un phnomne intressant. Tu disais que a fait que quelques mois que tu y es mise, et depuis, a t’a pas lch, quoi, c’est comme un virus qui t’aurais prise... Tu passes combien d’heures par jour faire a ?
B. L. : Alors... Quand je m’occupe d’une oeuvre, je peux passer entre 40 et 30 heures, mais le p’tit problme c’est que je fais non-stop. J’peux plus m’arrter, donc... Parfois, il faut que j’arrte, mais je reprends aprs, mais en moyenne, je mets deux trois jours.
G. G. : Donc c’est quand mme vachement de boulot, quoi.
B. L. : Ben, j’sais pas. Vu que a me plat, j’ai pas tellement l’impression que c’est trop du boulot, en fait, hein, je...
G. G. : L, tu exposes 13 oeuvres. La production est quel rythme ?
B. L. : Au total j’en ai une petite vingtaine...
G. G. : Donc en trois mois, a fait quand mme cinq ou six par mois.
B. L. : On peut dire deux par semaine, puis y’a une semaine ou y’a rien !
V. P. : Tu t’y es mise en avril.
B. L. : Oui.
G. G. : Premire expo... tu as une activit ct, pour... manger ?
B. L. : Euh... (rire) ben... non.
G. G. : Tu manges plus, tu dors plus ?...
B. L. : (rire) Je manges plus, je dors plus, je bois plus, je mise tout sur bbellinda ! Non, mais actuellement, je recherche aussi un emploi, un poste d’infographiste, donc l’appel est lanc, hein ? Mais bon, c’est vrai qu’en ce moment, l, bbellinda a me demande beaucoup de temps, et vu que financirement, ct, je peux encore subvenir ce mode de vie, je continue.
G. G. : Tu as fait un stage chez quelqu’un qu’on connat bien sur Divergence, l’ami Bobie, du Cocazine, le Monsieur Bizarre.fr... La rencontre avec ce personnage ?....
B. L. : Ah, fabuleux ! (rire), fabuleux, non non, trs bien, quelqu’un qui a beaucoup de choses dire, qui est trs intressant et trs intress. Donc... non, il m’a vraiment apport beaucoup de choses. Donc je lui ai fait la maquette d’un bouquin qui s’appelle Le feu sous la peau, de Nicole Barom, qui est en vente en ce moment chez Sauramps d’ailleurs, pour les gens qui sont intresss. Donc je lui ai fait la maquette, et galement la couverture. Il y a d’ailleurs un bbellinda sur la couverture, un bbellinda qui a t fait spcialement pour ce bouquin, mais on retrouve toujours la petite poubelle (rire).
V.P. : bbellinda, c’est donc ton nom d’artiste.
B. L. : Voil. C’est mon nom d’artiste, mais bon. On va pas dire a. Au dpart, bbellinda, quand j’ai choisi a, c’tait... conceptuel parce que bbellinda, je trouve que... En fait la premire oeuvre que j’ai fait, c’tait une poupe, que j’ai appel bbellinda, comme a, pour rigoler. Et puis par la suite je l’ai ai tous appels bbellinda, mme quand y’a Hulk qui est l’intrieur, ou n’importe qui d’autre. Maintenant c’est bbellinda, c’est mon nom d’artiste, maintenant, quoi.
V. P. : C’est pour rappeler le ct kitsch, super color de ce que tu fais.
B. L. : Oui, exactement.
G. G. : Toutes ces figurines, toutes ces tiquettes, tous ces logos... est-ce que c’est des choses que tu cres, en t’inspirant de ce que tu as pu voir ailleurs, ou est-ce que c’est des choses que tu trouves dans la ralit, que tu scannes ou que tu photographies ?
B. L. : Non, c’est des choses que je trouves dans la ralit... Y’a quelques... souvent je cre au besoin , quand je suis oblige parce que j’ai pas d’autre issue, mais essentiellement, mon concept c’est de reprendre des objets du quotidien que je prend en photo, ou des objets de consommation que je trouves tout simplement dans les prospectus dans la boite aux lettres, des images que je scanne partir de revues, de bouquins, des photos que je prend dans la rue aussi, et puis en ce qui concerne les personnages, ce sont des vrais personnages que j’achte aux puces.
G. G. : Tu connais le muse international des arts modestes Ste ?
B. L. : Oui.
G. G. : Ils ont une importante collection de petits bidules, comme a qui pourraient...
B. L. : ...qui pourraient m’intresser ?
G. G. : Ah ouais... Il faut faire un fric-frac au miam !
V. P. : Ce qui te permet de travailler aussi vite, c’est le travail sur ordinateur aussi ?
B. L. : Oui, a c’est sr, ce sont des crations numriques, donc partir de l, y’a une grande facilit puisque les photos, je les ai instantanment, je peux les refaire dix fois si a ne va pas, donc c’est sr que... oui.
G. G. : Tu parles de 30 40 heures sur chaque truc, dans une espce d’envie irrpressible de poursuivre le travail, sans arrt... Est-ce que les gens, autour de toi, te soutiennent ?
B. L. : Tout le monde me soutient, tout le monde aime beaucoup mon travail, enfin... mes proches, et d’ailleurs je tiens les remercier, parce que peut-tre que sans eux je serais pas alle aussi loin. a m’a permis de me rassurer dans mon travail, parce que... Moi, je le fais parce que moi j’aime, mais bon, de l ... exposer, tout a... j’ai eu le soutien de mes proches. Et puis, eux, non... quand je passe des heures dessus sans m’arrter, personne me dit que j’suis folle, on me dit que j’ai raison.
G. G. : Y’a pas ton chat, ou ton chien qui fait la gueule ?
B. L. : Non non (rire), personne fait la gueule...
G. G. : Bon ben qu’on se le dise. Tu as un autre lieu d’exposition ?
B. L. : Oui, j’ai un autre lieu d’exposition de prvu. Malheureusement, j’ai pas encore la date prcise. Ce serait la discothque La Plage la Grande Motte. C’est l’ancienne Fline. a devrait tre prvu d’ici une semaine, quinze jours, donc, les gens intresss peuvent aller sur mon site, et ils trouveront la date quand elle sera dfinie.
V. P. : Il y en a d’autres aussi... dans des magasins de dco ?
B. L. : Oui, voil. J’ai galement un projet avec le magasin Bohme Dcoration, a se trouve rue des... des Soeurs Noires, quartier St Roch, et en septembre, je vais exposer toutes mes oeuvres... Ben, pour les vendre... voil.
G. G. : Une question rituelle, instaure par notre clbre Jean-Franois Rigaudin : Est-ce que quand tu travailles, tu coutes de la musique... ou la radio, ou ?...
B. L. : J’coute plutt de la musique, oui en effet, et puis quand le CD est fini, ben j’me tape la tl toute la nuit, parce que j’ai pas l’temps d’aller changer le CD (rire).
G. G. : Il faut prciser que tu coutes du mtal.
B. L. : Ah oui.
G. G. : Beaucoup.
B. L. : Oui, beaucoup de mtal, depuis trs longtemps, c’est... c’est comme a, je pensais que a allait changer un jour, mais je crois qu’a n’changera jamais. Donc, je suis trs influence par Korn, Machinehead, Deftones... Muse, aussi... tous ces groupes l.
G. G. : Brengre, on te souhaite tout le meilleur pour la poursuite de ce travail. On rappelle que c’est www.bbellinda.com, avec deux B et deux L.
B. L. : Ben je vous remercie, tous les deux












