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Aimé Teissier (Mémé Music) dans Prise Midi

Emission du jeudi 22 décembre 2005, 20 h 00


jeudi 22 décembre 2005, par Aurélien

Aimé TEISSIER, dit "Mémé Music", est un auteur compositeur interprète imitateur incontournable de la scène cévenole...

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Aimé Teissier

Meme Music (Aime TEISSIER) est un auteur compositeur interprete imitateur cevenol. A l’aube de ses 35 ans de carrire et conforte par la scene, cet artisan de la chanson française a fait le point de ses creations en concevant un album nourrit de nostalgie et d’authenticite. Je vous proposais de faire connaissance avec Meme Music qui nous emmene ainsi vers de vrais sentiments et sensations, vers du vecu et l’esperance.

Playlist : "Top model", "Graffitis", "Fils de mineur" (L’essentiel, Meme Music Production, 2003)

INTERVIEW

Aurélien : On vous connaît surtout sous le nom de Mémé Music… Aimé Teissier : Et oui, c’est tellement facile, vous savez quand on a un prénom Aimé. Aimé, quand on connaît un petit peu les hommes célèbres, pour ne pas le citer Aimé Jaqué c’est Mémé, Mémé Guéruni, c’est peut-être moins une référence, mais bon voilà c’était facile. Puis mettre derrière « Music », ça allait tout seul. Alors bien sûr le choix était un petit peu plus anglo-saxon. C’est un paradoxe avec les Cévennes, c’est un clin d’œil, c’est rigolo quoi. Mais ça colle à la peau. Donc depuis pas mal d’années maintenant c’est Mémé Music et on en oublie un petit peu le prénom et le nom.

A. : Comment décrire ce personnage de Mémé Music ? A. T. : Ecoutez, je pense tout simplement qu’on se la pète pas, on se fait plaisir enfin je me fais plaisir. C’est simplicité j’espère, on essaye de rester modeste et de faire ce qu’on aime, c’est-à-dire cette passion de la chanson, de la chanson française, et de la musique : c’est ce qui m’anime.

A. : Vous avez plusieurs casquettes puisque vous êtes auteur, compositeur et interprète. A. T. : Et oui, et puis j’ai même fait un petit peu de la présentation, enfin de l’animation : c’est le cas de dire multicarte. Mais bon je reviens plutôt à mes origines : l’écriture, la chanson et l’interprétation qui priment tout de même sur tout le reste.

A. : Et depuis quand écrivez-vous ? A. T. : Alors l’écriture remonte aux petits poèmes lorsque j’étais à l’école. C’était des petits poèmes sur l’amour, sur la nature, sur tout ce qu’on veut. Mais vraiment le sérieux est arrivé en 77-78 où le déclic a été formidable. C’était l’envie d’écrire des chansons, vraiment des textes quoi. Voilà ça remonte à cette époque là.

A. : A quoi était dû ce déclic : un concert, une lecture particulière ? A. T. : Et bien il y a eu des premières parties de spectacles puisque ma première école c’était celle de la variété, enfin celle des chanteurs d’orchestres de variétés. Puis après ça a été une petite carrière en solo avec les concours de chant. Et bien sûr lorsqu’on décrochait la timbale, on faisait la première partie de chanteurs. Et quand on fait la première partie de chanteurs, on découvre réellement ce qu’est ce métier là et on a envie de faire un peu pareil : d’écrire et de rentrer dans ce système.

A. : Quant à la musique, comment y êtes-vous arrivé ? Comment avez-vous appris à jouer de la musique ? A. T. : Alors je n’ai aucune honte à le dire : je n’ai aucune notion de solfège. Je joue d’oreille un petit peu comme les gens du voyage, les saltimbanques ou les gitans. Le premier déclic fut la guitare avec quelques accords de base et à partir de là ça m’a permis de passer des moments fabuleux entre amis ou même après d’exploiter entre guillemets, ces quelques accords pour écrire mes premières chansons.

A. : Dans quel style se classeraient vos chansons ? A. T. : Ah ! dans quel style ? Je pense qu’on retrouve un petit peu les tendances, sans vouloir copier mais bon quand on est un amateur de la chanson française et qu’on est admiratif devant des Brassens, Brel, Souchon, Cabrel, ou Le Forestier, je pense qu’il y a un petit panache de tout ça, sans vouloir copier ni faire de l’imitation. Je sais qu’on me dit toujours « dans cette chanson je retrouve tel chanteur ou tel auteur ». C’est sûr qu’on est imprégné quelque part.

A. : Alors Aimé j’ai retenu une petite phrase dans la chanson « Top Model » : « Top Model tu n’es pas tellement fidèle ». Il y a un petit message particulier ? A. T. : Non, c’était un petit clin d’œil aux tops models, parce que bon, on peut fantasmer, nous les hommes. J’avais pas l’intention de vivre avec un top model, mais j’avais envie d’écrire une chanson sur ces filles qui défilent, et dont certaines, on peut le dire, ont aussi la grosse tête. Il faut dire qu’elles sont très très belles. Alors voilà, pourquoi pas…

A. : Combien avez-vous enregistré d’albums, parce que L’essentiel dont sont extraits les titres de ce soir, est un Best of ? A. T. : Oui ça regroupe un petit peu les quelques enregistrements que j’avais réalisé auparavant. Donc officiellement, il y a eu une cassette en 92 je crois, ou 94 je ne sais plus… je perd un petit peu la mémoire de ce côté-là. Puis alors bien sûr il y a eu des essais que j’ai gardés de coté dans un tiroir. On a ressorti tout ça pour faire un mastering et pour mettre sur le CD en tenant compte un peu de la qualité de l’enregistrement parce que je travaillais sur des enregistrements analogiques : c’était un peu difficile de les remettre au goût du jour.

A. : Comment vos albums ont été élaborés ? A. T. : Et bien disons avec un ami depuis des années : Jean-Marie Malbos, qui est cité sur l’album. C’est une grande complicité, c’est un ami d’enfance. Nous étions à l’école ensemble et on fabriquait nos premières guitares à l’époque, c’était dans les années 1960, pour vous dire si c’était avant hier quoi. Et là il y a eu une grande complicité et j’ai eu envie d’écrire des chansons. Lui m’a aidé pour la partie arrangement. Même à son niveau à lui je trouve qu’il m’a fait des trucs qui collent bien. C’est peut-être modeste comme arrangement mais ça me colle parfaitement et donc j’ai pratiquement travaillé tout l’album L’essentiel avec Jean-Marie Malbos. Je dis ça en rigolant mais avec lui c’est un peu les Alain Souchon et Laurent Voulzy des Cévennes…

A. : C’est donc le duo inséparable… A. T. : Oui, oui. Là bon bien sûr chacun vit de son coté actuellement puisque bon, Jean-Marie est marié à Isa, une chanteuse qui fait son chemin dans la région aussi, donc il a fort à faire. Mais ça pourra repartir sur d’autres bases, sur d’autres chansons pourquoi pas…

A. : Pour ce best of qui est comme un bilan de quelques années de carrière, comment s’est opéré le choix dans votre répertoire ? A. T. : Le choix n’a pas été difficile. Il résume ma vie : c’est mes coups de cœur, mes coups de gueule, mes sensations, mes sentiments… Voilà c’est le quotidien… C’est tout simple, ça n’a pas été difficile, franchement non.

A. : Quelles sont vos influences ? A. T. : Alors pour les influences on revient toujours sur les bonnes valeurs : les chanteurs français qu’ils soient disparus ou d’actualité. Comme je l’ai dit tout à l’heure je peux évoquer les Cabrel, Souchon, Le Forestier ou même maintenant avec la génération montante avec Bénabar. C’est ça qui m’anime : c’est la bonne chanson française. Alors je ne dis pas que j’écoute pas des chansons autres que la chanson française, mais je ne trouve mon compte que dans la chanson française. Je suis assez classé dans cette catégorie.

A. : Et chanson plutôt à texte… A. T. : Et surtout à texte ! D’ailleurs j’ai toujours un petit peu souhaité, dans les enregistrements, une voix en avant pour qu’on puisse bien comprendre les paroles. Je dirai que pour moi la musique est secondaire. C’est difficile de parler comme ça, mais c’est mon choix : avant tout c’est le texte. N’est-ce pas, Brassens avait des fois des bons textes et puis la guitare derrière était en demi teinte. C’était Brassens…

A. : « Graffitis » est une chanson à texte qui pourrait s’appeler « Tags » aujourd’hui. A. T. : Voilà oui tout à fait. Le mot n’existait pas je pense à l’époque, lorsque j’ai écrit cette chanson. Pourquoi « Graffitis » ? Parce que j’ai toujours vu des inscriptions un petit peu partout, inscriptions parfois agréables qui parlaient d’amour, ou inscriptions désagréables voire même très désagréables pour ne pas les citer. Mais je trouvais que pour la chanson ça donnait bien un message de tristesse, d’amour ou de désespoir. Voilà donc pourquoi j’ai composé la chanson comme ça.

A. : Elle a une dimension sociale… A. T. : Tout à fait, on peut le dire.

A. : On va rentrer dans l’intimité de Mémé Music. Quels sont les défauts que vous détestez chez les gens ? A. T. : Il y aurait une liste un peu grande mais bon je pense à trois défauts : mensonge, hypocrisie et prétention. En contre partie, en qualité, pour faire la balance, je dirai que j’aime bien la modestie, la simplicité et l’authenticité. C’est ce que j’ai envie de dire : rester modeste, rester authentique, rester simple. Et puis le reste bien sûr, on ne choisit pas toujours et on ne fait pas ce qu’on veut aussi. Des fois on peut passer pour un prétentieux alors qu’on ne l’est pas. Mais bon c’est les gens qui vous jugent, c’est vu d’un œil extérieur.

A. : Et chez certains chanteurs j’imagine qu’il y a de la prétention… A. T. : Oui certainement. Il ne me vient pas à l’idée de citer… et puis je n’ai pas envie de citer des gens (rires).

A. : Quoique… A. T. : Non. Alors dans mes textes, bon, mes chansons sont surtout basées sur mes souvenirs, sur l’amour, sur des histoires d’amour, sur le bons moments passés… je sais pas, la nostalgie aussi, je suis un gros nostalgique et sentimental. Ceci se ressent à travers l’album en général je pense.

A. : Quelles sont les qualités que vous appréciez chez les gens ? J’imagine l’authenticité… A. T. : Oui. La gentillesse, la simplicité, je reviens sur ce mot. Euh, la franchise aussi, c’est important d’être franc. Je pense que c’est déjà pas mal.

A. : Dans votre album vous évoquez beaucoup de thèmes : l’amour, la parenté ou les Cévennes : est-ce qu’il y a des sujets qui vous tiennent à cœur et que vous n’avez pas encore abordé ? A. T. : Là je suis un petit peu embêté pour répondre parce que, on en a parlé hors antenne, c’est vrai que j’ai envie de refaire quelque chose mais de différent. Donc ça sera certainement pas du tout ressemblant à L’essentiel, ça peut, comme le diraient certaines personnes décoiffer ou surprendre. J’aurai envie de surprendre un peu et de faire autre chose. Alors les sujets, oui il y a certainement d’autres sujets mais ils ne me viennent pas à l’esprit, mais pourquoi pas oui, pour renverser effectivement la vapeur.

A. : Où peut-on vous croiser aujourd’hui ? A. T. : Alors surtout en Cévennes, Salindres notamment… tout le bassin alésien, l’ancien bassin minier. Je fais des petites prestations : ça va du club du troisième âge à la prestation privée comme des anniversaires ou petites fêtes, ou éventuellement des petits tours de chant dans la région, des petits trucs offerts au public l’été comme, pour ne pas le citer, le Festiv’Alès, qui fonctionne très bien l’été. Donc voilà des minis concerts où je diffuse un petit peu mes chansons au public, où je fais connaître aux touristes ce qu’était une enfance de mineur par exemple, ou de petit cévenol que je suis. Je fais un panache, une petite salade composée de mes chansons et pour ne pas engendrer la monotonie, parce que c’est vrai qu’on peut ne pas être fan d’Aimé Teissier et on peut peut-être s’ennuyer, je reviens sur des chansons du répertoire français, avec quelques petites imitations mais vraiment modestes. Donc là c’est le coté gag un peu pour détendre l’atmosphère.

A. : Quelle est l’ambiance qui se dégage de vos prestations ? A. T. : C’est bon enfant ! Ça se passe, comme on dit, en famille, d’autant plus comme je me plais à le dire, je travaille à l’improvisation et sans filet, alors ça peut partir dans tous les sens. C’est bon enfant, je prends le public avec moi, je le fais participer et ça se passe toujours très très bien. Il y a une communication extraordinaire avec les gens… ils demandent que ça d’ailleurs.

A. : Quels sont vos projets pour les mois à venir ? A. T. : Il y a pas grand-chose : il y a quelques tournées qui s’annoncent et quelques contrats. Mais un projet qui serait intéressant serait celui de faire un album, mais bon sachant le temps que ça prend, ça ne se fait pas comme ça. Il faut bosser dessus, il faut écrire, il faut composer, il faut faire les arrangements, il faut aller en studio donc, et puis il faut trouver aussi comme on le disait à l’instant, des idées nouvelles et un thème qui va surprendre un peu les amateurs de mes chansons. Pour l’instant c’est un peu la dolce vita cévenole…

A. : Il y a tout de même un certain soutien envers une association… A. T. : Oui, à la fin de l’année des répétitions vont démarrer pour la Ligue contre la violence routière. C’est une association qui est dirigée par des gens qui ont eu des grands malheurs dans leur famille, des enfants qui ont disparu par accident de route. Cette association essaye de promouvoir, par le biais des spectacles, de faire rentrer un petit peu d’argent, pour venir en aide à ces familles. Et là il y a un spectacle qui est prévu au mois de mars, alors je n’ai pas retenu la date, mais ce sera à Saint Julien les Rosiers. Je pense que la presse de Midi Libre informera les gens de la région d’Alès. C’est une grande équipe de collègues, garçons et filles, les minis Enfoirés, je dis ça, c’est toute proportion gardée. Mais c’est l’esprit qui se dégage avec des improvisations sur les chansons françaises, et on arrive à inclure un petit peu de nos chansons à nous dans ce spectacle, il faut le dire aussi c’est important.

Le mot de la fin… Je vous remercie pour votre accueil et votre gentillesse.


 
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