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Adama Dramé

Rencontre avec le maître-djembé.


vendredi 2 avril 2004, par Gilles Gouget

Lors de son passage à Montpellier, Adama Dramé nous a rendu une petite visite, quelques jours avant son concert sur la scène du JAM. L’occasion de faire un point sur 38 ans de carrière à porter à bout de bras et à frapper du bout des mains la parole du Djembé, instrument emblématique et légendaire. Une parole qui porte aussi en elle l’amour d’un genre humain sans chefs ni frontières.

Gilles Gouget : Adama Dram bonsoir.

Adama Dram : Bonsoir.

G. G. : On est ravi de vous avoir sur les ondes de Divergence FM.

A. D. : Merci.

G. G. : Ce n’est pas la premire fois que vous venez Montpellier.

A. D. : Non. a fait... peu prs trois fois, quatre fois, mme, ouais ouais. La premire fois c’tait Mimi la Sardine.

G. G. : Une salle que l’on regrette...

A. D. : Voil, vraiment. Parfois les bonnes choses ne durent pas longtemps.

G. G. : Et la fois prcdente ?

A. D. : Ben, c’tait au JAM.

G. G. : Une trs belle salle.

A. D. : Trs beau lieu, franchement, avec une super quipe.

G. G. : L, vous tournez avec sept musiciens, avec aussi de la danse.

A. D. : De la danse... balafon, guitare, percussions, chant... le Foliba, vraiment, dans un ensemble complet, quoi.

G. G. : Vous allez jouer des titres du disque live, mais aussi des morceaux indits qui sortiront sur le prochain album.

A. D. : Oui. Bon, je suis en train de prparer pas mal de choses, parce que le live... aussi, c’est mon premier live, donc on va reprendre certains titres du live et aussi des crations que j’ai fait, justement, pour cette tourne, quoi.

Christophe Roux : C’est un live qui a t enregistr o ?

A. D. : Achere, dans les Yvelines, ct de Paris. Une ville accueillante, socialement, extraordinaire, quoi. Et on a fait de trs bonnes choses depuis 99 Achere, et a continue. Ce premier live est pour moi la conscration d’une coopration entre la ville d’Achere et Adama Dram, quoi.

G. G. : Alors pour vous c’est une anne importante, c’est l’anne de vos 50 ans, pourtant vous avez plutt l’air d’un jeune homme... vous les fates pas.

A. D. : Bon, c’est dans la tte qu’on vieilli. Le corps n’est qu’apparence, quoi.

C. R. : C’est le Djemb qui conserve ?

A. D. : Voil, c’est la musique, et puis aussi l’environnement, quoi, qu’on se fait soi-mme, et qui fait que... on peut vieillir... extrieur, et puis que l’intrieur est compltement neuf. Et puis a peut tre aussi en sens contraire, que quand on regarde le visage, on dit ah il est jeune, mais bon, l’intrieur est mr, quoi . C’est a, quoi.

C. R. : 50 ans, mais a fait combien de temps que vous essayez de faire comprendre aux gens, aux musiciens, et au monde, que le Djemb est un instrument part entire ?

A. D. : 38 ans. 38 ans de carrire professionnelle travers le monde, en Afrique, et dans le monde entier, quoi. C’est vrai que depuis dix ans, a commence prendre forme par rapport mes prvisions, que j’ai vu depuis toujours. C’est un instrument de musique part entire, et non un tam-tam qu’on tape puis qu’on pose, ou qu’on joue les yeux ferms en bavant... Tout le monde croit que l’Afrique c’est un petit... c’est un pays, ou bien une ville. L’Afrique, c’est un continent, et donc... C’est un continent, donc, d’un pays l’autre on se comprend mme plus. Mais quand on voit le Djemb, on dit c’est un tam-tam d’Afrique . Y’a qu’ voir tous les gens qui donnent des cours de musique africaine par ci, de danse africaine par l, et on prcise pas quelle musique c’est, quelle danse c’est. Donc a fait un amalgame dans la tte des gens, dj, qui croient que tout ce qui est noir est mauvais.

C. R. : Dj pour commencer !

A. D. : Dj pour commencer. Et donc moi j’ai toujours dit que le Djemb n’est pas un tam-tam, c’est un instrument de musique qu’y faut respecter, qu’y faut beaucoup de temps, qu’y faut mme pas compter le temps quand on fait la musique, parce que la musique a a pas de fin, heureusement. Que c’est petit petit qu’on arrive s’imposer vis vis de soi-mme, parce que on dcouvre la musique, il faut pouvoir... monopoliser la musique, qui est quelque chose de trs difficile, parce que elle est, elle est imprvisible. Et donc, maintenant, depuis une dizaine d’annes, a commence prendre forme, en Afrique, et travers le monde. Je commence tre compris par pas mal de gens, ceux qui veulent, bien sr, que le Djemb c’est un instrument part entire, il faut beaucoup de travail, beaucoup de patience, beaucoup d’endurance, beaucoup de respect pour l’enseignement, et son environnement, et sa culture, et que partir de l on peut arriver faire... on peut arriver faire quelque chose de trs bien pour soi-mme d’abord - parce que pour que la musique soit bien perue, il fait que le musicien soi bien dans sa peau, quoi -, et c’est ce que j’essaie de faire. En 38 ans, je pense que c’est extraordinaire, quoi.

C. R. : Hors antenne, vous me disiez que parfois vous avez eu des petits moments de dcouragement, mais j’imagine que de rencontrer des jeunes, de donner des cours des jeunes qui ont envie d’apprendre tout a, et dans de bonnes conditions, avec vous, a doit vous... recharger un peu vos batteries, vous redonner une nergie...

A. D. : Oui. Je pense que... Vous savez, dans ce mtier, qui n’est pas... Y’a rien de sorcier dans ce mtier, par rapport aux autres mtiers de la vie quotidienne de tous les jours, hein ? Les moments de dcouragement, a peut aussi... a donne aussi des forces, le dcouragement. Parce que c’est au moment de se dcourager qu’il faut se dire non, c’est pas le moment , justement, qu’il faut contenir, quoi. Le moment de dcouragement est aussi un bon moment pour s’armer, et puis repartir. Donc le moment de dcouragement, c’est quand on croit qu’on se butte vraiment des murs d’acier, que les gens veulent pas vous comprendre, ou chaque fois qu’on est oblig de faire ceci ou cela pour que a plaise . Et a c’est dangereux dans la musique, de faire de la musique qui plaise , faire de la musique au got des gens, faire de la musique de mode, a c’est dangereux par rapport ma tradition, ma culture. Et que... donc a, je me suis heurt des fois des situations comme a. Mais bon. Je suis arriv les surmonter, j’ai dit non, moi, c’est a que je veux faire, c’est a, ou c’est rien .

C. R. : Vous restez vraiment fidle, justement, cet esprit. Depuis le dbut de votre carrire jusqu’ maintenant, c’est toujours placer le Djemb au centre d’une histoire, d’une culture, d’une pratique.

A. D. : Oui. C’est pas facile, hein ? C’est pas facile, parce que bon, heureusement que c’est un choix que j’ai fais, parce que on voit passer pas mal de choses sous le nez quand mme. Mais, je me suis dit on peut pas tout faire, on peut pas tout avoir , et que chaque chose en son temps , et que... qu’il faut faire un choix dans la vie, qu’il faut avancer dans ce sens l. Cela n’empche pas, par contre, l’ouverture d’esprit, l’ouverture du coeur, l’ouverture d’autres critiques, d’autres cultures, ce qui est extraordinaire. Parce que c’est l qu’on se rend compte que sa musique de la valeur. C’est quand on s’ouvre d’autres choses qu’on sent qu’on a de la valeur. Quand on est dans un espce de... Un exemple, une anecdote : Vous voyez, la musique symphonique aujourd’hui... devient agrable. Pourquoi ? Parce qu’il y a une ouverture... les chefs d’orchestre prennent le risque, maintenant, crire de la musique autre que la musique classique.

C. R. : Ils se confrontent d’autres univers...

A. D. : Et a c’est extraordinaire, parce que les jeunes gens vont voir, assister des concerts de musique classique, ce qui tait rserv une certaine classe de la bourgeoisie europenne. Mais maintenant, la musique classique fait plaisir, on arrive applaudir, taper dans les mains pour la musique classique, a c’est magique ! Alors je me suis dit si c’est comme a, dans notre musique aussi c’est possible, dans notre culture aussi, c’est possible . Mais il faut aller vers les gens, il faut laisser venir les gens vers nous, leur dire que notre culture a de la valeur, comme la votre, mais seulement qu’il y a des concessions faire de part et d’autre. .

G. G. : Je confirme que depuis une dizaine d’annes, le Djemb est devenu... Maintenant on dit plus tam-tam, y’a un magasin qui s’est spcialis dans le Djemb depuis quelques annes Montpellier, donc je crois que a marche, en fait. Et puis en France, le nom d’Adama Dram est devenu indissociable de cet instrument. Est-ce que vous avez la mme notorit en Afrique ?

A. D. : Absolument ! (sourire) On dit que nul n’est prophte en son pays, mais a c’est pas vrai. Moi, je suis prophte en mon pays, avant de venir ici, quoi. Je pense que... il faut d’abord se faire respecter chez soi. Moi j’ai commenc me faire respecter chez moi. a a pas t facile, hein ? Y’a eu vraiment des moments de doute, j’ai dout de moi ! des fois, il y a quelques annes... Mais, en ralit, j’ai dit c’est pas vrai. C’est eux qui n’ont pas raison, c’est moi qui ai raison . Et c’est vrai. Je me suis pas tromp.

G. G. : Donc, est-ce qu’en Afrique, y’avait besoin de rveiller... la culture ?

A. D. : La conscience ! La conscience, l c’est.. vident ! C’est 100% sr, hein ? Et vous savez, voir tout... Pourquoi y’a beaucoup de jeunes qui font de la musique aujourd’hui, pas seulement en France ? Parce que ces jeunes, ils sont pas musiciens, hein ? C’est ce qui fait vraiment le problme, quand on parle de la culture, et de la musique africaine aujourd’hui. Mais, de plus en plus, ces personnes qui sont ici osent, de plus en plus, repartir chez eux dire leurs parents mais en France, c’est ce que je fais, je vis de a .

C. R. : Est-ce que les anciens, ou les gens qui ont une approche plus traditionelle du Djemb comprennent votre dmarche de crer des musiques originales o le Djemb n’est pas qu’un instrument d’accompagnement ?

A. D. : Absolument ! Du moment que.. les mmes anciens voient qu’on cultive plus la terre avec le daba, qu’on a les tracteurs maintenant, ces anciens voient que... on se soigne - bien que c’est dommage- de moins en moins avec les plantes, qu’on va l’hpital, ces anciens se disent aujourd’hui pourquoi pas la musique ? . Et c’est a aussi l’volution, c’est a aussi vivre son poque. Leur poque c’tait autre chose, aujourd’hui on vit notre poque, il faut faire avancer les choses avec son poque, et que c’est pas parce que on est en Afrique, qu’on dit toujours c’est l’Afrique, c’est l’Afrique, c’est l’Afrique... Les gens viennent en retard ? On dit c’est l’Afrique . Les gens font des conneries ? On dit c’est l’Afrique . a je trouve que maintenant, il faut dpasser... ce cap l, dire que l’Afrique n’est plus comme il y a cent ans en arrire. L’Afrique volue avec ses ralits, avec ses difficults, tout comme la France volue, l’Europe volue, avec ses ralits, avec ses difficults, et donc partir de l, on peut faire des choses positives ensembles, hein ? Qu’on arrte de... de s’accuser mutuellement... ds que a marche pas de dire c’est les autres , non. Nous vivons dans une socit, aujourd’hui, o on se complte. Nulle personne ne se suffit, nul pays aujourd’hui dans le monde entier ne se suffit. On se complte, l’Afrique a sa place en Europe, comme l’Europe sa place en Afrique. Et a, sur le plan culturel c’est extraordinaire, parce que c’est... y’a des choses qui ses sont passes avec le Djemb, y’a eu des ouvertures culturelles, y’a eu dj des mlanges fantastiques entre des villes travers le Djemb, a c’est... magique, quoi !

G. G. : Est-ce que la notorit que vous avez pu avoir au niveau international aide, quand vous tes en Afrique ? a doit servir de support pour dire que la musique, en Afrique, c’est possible.

A. D. : Oui, bien sr, heureusement. Ceux qui ont pu lire Djelia, mon livre que j’ai fait en 92... On m’a mis en prison Bougoudilasso, parce que je voulais marier une fille qui n’tait pas griot et djembefola...

G. G. : ...et a, c’est grave.

A. D. : Et a c’est grave. Mais j’ai dit vous vous trompez, c’est pas parce que je suis griot, que je suis musicien, que je peux pas m’occuper de votre fille . Mais la personne, elle voulait rien comprendre l’poque, quoi.

G. G. : a c’est arrang ?

A. D. : a s’est arrang... un peu dommage pour la fille, mais... Maintenant les gens courent aprs les djembefolas ! Donc la situation s’est renverse, mais a, je savais que c’tait come a, que a allait arriver un jour ou l’autre, que les gens, tout le monde devrait se rendre l’vidence que la culture est un instrument... positif pour le dveloppement d’un pays, ou d’une ville, et que dans un pays, la priorit doit tre donne la culture. Mais malheureusement dans tous les pays du monde, c’est pas qu’en Afrique... On a vu... le budget du ministre de la culture en France a chut d’une...

G. G. : On en sait quelque chose (grince)...

A. D. : Vous en savez quelque chose ! Donc je pense que tous les gouvernements du monde entier croient que la culture vient aprs. Mais c’est compltement ridicule ! La culture est l’identit d’un pays, de chaque peuple. Chaque peuple doit s’identifier par sa culture, pas par son arme, pas par son ministre, pas par son prsident. Les hymnes nationaux, c’est une question de culture et d’identit. Quand un chef d’tat arrive dans un pays, on dit pas bonjour monsieur , c’est les hymnes nationaux d’abord, du pays. Et les hymnes nationaux, c’est quelqu’un qui les a crits, qui l’a compos avec un instrument de musique ! Je pense que l, tout le monde doit se rendre l’vidence que la culture, ce doit tre la priorit dans un pays, qu’on le veuille ou pas.

G. G. : C’est sur la culture que se btit l’industrie ?

A. D. : Absolument. a c’est indiscutable, indiscutable.

G. G. : Y a-t-il de nouveaux musiciens dans la formation de cette tourne ?

A. D. : Oui. En fait, chaque anne j’essaie de faire partager mon exprience avec les gens, avec mon groupe. Je montre aux gens que le Djemb est un instrument d’ouverture, et qu’il s’adapte tous les instruments de musique du monde entier. Et l, je fais voluer le Foliba en utilisant d’autres instruments. Et l, depuis cinq ans, je travaille avec la musique... lectronique, des claviers, des saxophones, des basses, et a marche. Et donc, au JAM, l, les gens vont couter, en tout cas, guitare lectrique, balafon, trois djembs, un doum doum... la danse. Et c’est fantastique, c’est fantastique... le tout c’est une question de... d’quilibre, qu’y faut pas que l’un bouffe l’autre, mais tout instrument a sa place dans une cration.

G. G. : Vous avez collabor avec le Royal Deluxe, tout le monde s’en souvient... des images magnifiques, avec Andr Cecarelli, Bernard Lubat, Marc Vella, le New Ensemble d’Amsterdam, Jean-Philippe Riquiel, la troupe Blacks Blancs Beurs ou encore Les Percussions de Strasbourg. Vous parliez de musique lectronique... L’avenir de votre musique... il se situe dans quelle direction ?

A. D. : Il se situe... dans le sens que il faut pas nier la qualit des instruments modernes. Le tout c’est que ce soit bien quilibr dans un ensemble traditionnel. Et je pense que, moi, l’avenir de ma musique se tourne vers... la musique moderne, a c’est sr, mais tout en gardant mon identit de percussionniste, de djembefola, voyez ? Et donc, mme si j’introduis la musique lectronique dans le Foliba, la base sera quand mme la percussion, c’est a qui est important. Et que y’a des moments, entendre un clavier au lieu d’un Djemb, c’est extraordinaire. a montre que l’instrument est toujours un instrument de musique au mme titre que le piano et le violon.

G. G. : En tout cas le prsent de votre musique ce sera samedi soir sur la scne du JAM. Prcisons que tout rcemment, un site a t mis en ligne, adamadrame.com, un site sur lequel on peut vous dcouvrir si on ne vous connat pas dj.

A. D. : Exactement. Y’aura pas mal d’informations. Y’a dj pas mal de sites qui parlent de mon travail, mais bon, l, on va approfondir le travail que je fais ici, ma famille, le Burkina... C’est bien, l’internet c’est un instrument fantastique de travail. Y’a djembe.com, y’a plein de sites qui parlent de mon travail, et a, bon, je suis honor, parce que a prouve, bon, que mon travail que je fais... est reconnu et respect, et a c’est super, vraiment, a me fait plaisir.

G. G. : On vous souhaite un excellent concert.

A. D. : Merci. Mais surtout venez voir.

G. G. : On va se quitter avec un extrait du live, Yerelon, un commentaire ?

A. D. : Ben, Yerelon veut dire la dignit, et tout le travail, pour moi, est bti sur la dignit, sur la reconnaissance et l’identit de chaque personne. Sans distinction de couleur de la peau, ou de rgion, parce que... Nous sommes des hommes, on a tous nos problmes. Vous savez, si on fait l’historique du monde entier, on a les mmes problmes du dbut jusqu’ la fin ! Vous comprenez ? Et que plus a va, et plus les politiciens essaient de nous emmener dans leurs histoires. Sinon, nous, en tant que populations, que ce soit des blancs ou des noirs des deux cts, nous savons qu’on a les mmes problmes, qu’on doit vivre ensembles, a c’est indiscutable. Mais le danger c’est qu’on dpend des politiques ; des deux cts. Et a, a fait qu’il faut que nous... qu’on sache se rencontrer avec la culture, et chacun avec son identit ! Et a c’est extraordinaire. Et le respect de l’autre personne aussi... incontournable. Les conflits aujourd’hui dans le monde entier, c’est parce que le respect prend de moins en moins de place. Les gens se respectent plus, il s’agit d’tre plus arm ou d’tre plus fort, d’avoir plus d’argent. On crot qu’on peut pitiner tout le monde, et a, a marche pas ! Y’a des fois, on prfre mourir que de se faire pitiner, quoi. Et je pense que Yerelon veut dire tout a : le respect, la dignit, la sincrit, la fraternit, l’ouverture. Voil.

G. G. : Merci beaucoup Adama.

A. D. : Je vous en prie.

propos recueillis par Christophe Roux et Gilles Gouget


 
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