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À la quête du "Troisième homme"...

lun 23 janv 2012 - 12h30, différé - 17h30

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lundi 23 janvier 2012, par Gilles Gouget, Jean-François Gibert, Yves le Bozec

À la quête du « troisième homme », du trublion souvent chabanisé lors de l’élection présidentielle. Un homme ? Une femme ? François Bayrou ou Marine Le Pen ? L’extrême Centre ou l’extrême Droite ?

Invités :
- Marc Dufour (Modem)
- France Jamet (FN)

Le thème et les invités

Divergentes et divers gens… Le Loup et le Renard vous saluent. Jamais, dans les annales de la Cinquième République, le jeu n’aura été si ouvert. Hors les candidats qui feront de la figuration dans les 90 jours à venir, quatre d’entre eux semblent se détacher et prendre la tête de la compétition...

Depuis 1965, les sondeurs et faiseurs d’opinion sont en quête de celui (voire celle) qui pourrait faire office de ce qu’ils appellent le "troisième homme". Ce fut le cas de Jean Lecanuet, le bellâtre rouennais du Centre. Mais aussi de Alain Poher, l’étonnant président du Sénat. Encore, en 1974, de Jacques Chaban-Delmas. Ou, en 1981, de Michel Rocard. Tous furent "chabanisés" et rangés dans la catégorie des loosers au terme de l’élection. Raymond Barre fut de ceux-là en 1988 ; Edouard Balladur en 1995 et Lionel Jospin en 2002. Dernièrement ce fut le sort de François Bayrou.

Alors, la question est : à qui le tour en 2012 ?

Quatre candidats sont sur la ligne de départ et un cinquième pourrait jouer les trublions. Bien sûr, François Hollande paraît faire la course en tête pour le moment tandis que le Président de la République n’a toujours pas déclaré ses intentions. Marine le Pen est en embuscade et François Bayrou s’imagine en recours. Quant au cinquième élément, il incarne une gauche radicale qui pourrait monter en puissance sous la direction de Jean-Luc Mélenchon. Certes, il serait étonnant que ce dernier arrive en finale ; mais les deux autres pourraient fort bien reproduire ce que les analystes appellent un "21 avril" en se référant au séisme politique qui fit trembler la classe politique en 2002.

En fait, le paysage politique français se décompose aujourdLe thème et les invités’hui en cinq composantes plus ou moins égales entre elles. Une Extrême Droite qui pèse quelques 20% d’un côté, et une gauche radicale qui pourrait connaître un score à deux chiffres. Ils incarnaient jusqu’à présent le vote protestataire, celui des exclus, des bannis. Mais François Bayrou et son MoDem pourraient jouer dans la même cour en se revendiquant d’un Extrême Centre contestataire et rassembler un petit 20%. Quant aux ténors des deux grands partis qui rêvent d’un bipartisme peinant à émerger en France, ils pèsent chacun un gros 20%. Tant et si bien, puisqu’il ne peut rester que deux candidats pour le second tour de la présidentielle, que personne à trois mois de l’échéance n’est en situation de prédire le résultat. Tout est possible à ce jour.

Pour tenter d’y voir un peu plus clair, nous avons convié dans l’antre des belettes deux de ces challengers : la représentante de Marine le Pen et celui de François Bayrou. Il est même un journaliste qui s’est amusé, dans une fiction, à imaginer un second tour qui les opposerait l’un à l’autre tandis que les deux Grands auraient été éliminés ! C’est peu dire.

Tous deux incarnent, quelque part, un vote contestataire. Ils sont là pour vous, ils sont là pour nous... A écouter dans Provoscopie durant 90 minutes...

La question est : oserez-vous, citoyens, citoyennes, déposer un bulletin dans l’urne qui pourrait faire de votre vote protestataire un vote d’adhésion. Oserez-vous, cette fois ci, propulser un de ces candidats anti-système au second tour de l’élection présidentielle ?

Et, si on pose cette question dans les ruelles du Clapas... discrètement, sans parler de sondage, en bavardant simplement... les réponses sont étonnantes ! Oui, pourquoi pas !

Les Français ont tout essayé ces dernières décennies, y compris la cohabitation. La Gauche qui gouverne à gauche avec Mitterrand en 81, la Droite qui gouverne à droite avec Sarkozy en 2007, la Gauche qui se veut libérale avec Fabius et les autres, la Droite qui se dit sociale avec Chaban-Delmas ou Giscard. Tout, ils ont tout essayé !

Et maintenant ? Après avoir boudé de temps à autre les urnes en s’abstenant, ils pourraient fort bien, les électeurs, s’énerver et voter ailleurs, tenter une nouvelle aventure : avec le FN, avec le MoDem, voire avec le Front de Gauche.

Concrètement, depuis une vingtaine d’années, ils représentent plus de 50% du corps électoral. Alors ? Alors ? Tout est possible, je vous le dis...


Illicoscopie... Présentation de l’actualité de la semaine... pour les invités

Rien ne va plus ! La roue tourne...

La présidence Sarkozy a coûté plus de 500 milliards à la France hors le coût de la dette. Et les agences de notation de dégrader la France et de lui retirer son précieux Triple A. Et alors... cela fait quoi d’être dégradé ?

Grâce à l’irremplaçable Bernard-Henri Lévy, la Libye s’est débarrassée de Kadhafi mais se rapproche du génocideur soudanais recherché pour crime contre l’humanité par le Tribunal Pénal International.

L’insécurité redouble de vigueur, particulièrement dans le monde du travail. Si bien que plus de dix millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté et qu’un Français sur deux gagne moins que le SMIC, notamment pour cause de travail partiel le plus souvent subi.

La jeunesse est déboussolée, confrontée à la faillite totale du système scolaire qui est devenu une véritable machine à fabriquer des ânes formatés pour regarder TF1 avec le peu de cerveau libre qui leur reste.

Et j’en passe. Rien ne va plus, la roue tourne... Dans quel sens et jusqu’où ? A écouter dans Provoscopie en compagnie de nos invités : France Jamet pour le Front National et Marc Dufour pour le MoDem.

L’interview.
- Une réaction sur la faillite du gouvernement et les 500 milliards de dette qui lui sont imputables ?
- Que pensez-vous des agences de notation ?
- Tout cela n’est-il pas la faute de l’Euro germanisé ?
- Et que dire de l’insécurité... sociale ?
- Un mot sur la situation de l’enseignement en France ? De la maternelle à l’université... et à Montpellier (échec des universités) !

La controverse.
- Êtes-vous autre chose que l’expression d’un vote protestataire, voire contestataire ?
- En quoi le Front National ne serait-il plus d’Extrême Droite ? Pourquoi ce revirement en matière économique : vous êtes passés de l’ultralibéralisme à l’interventionnisme quasi soviétique...
- En quoi le MoDem qui fut l’allié de la droite durant près de 50 ans serait-il devenu indépendant, centriste ?
- Vous avez en commun un ennemi, un homme à abattre : Nicolas Sarkozy. Vous rejetez le socialisme l’un comme l’autre. Qu’est-ce qui vous différencie vraiment ?


Rétroscopie...

Présentation du « retour sur Infos ».

Souvenirs, souvenirs… Le Renard, vous le connaissez, a un plus d’un tour dans son sac ! Plus d’une idée dans sa besace ! Il pense, le Renard...

Et là, il vous a concocté une théorie qui vaut son pesant de cacahuètes ! Il appelle cela la théorie des vases communicants en matière électorale ou encore la théorie du poisson dans l’eau !

La chronique du Renard : "J’y pense et puis j’oublie" !

La théorie du poisson dans l’eau…

Nicolas Sarkozy pêche le poisson-électeur à la dynamite dans le marais du Front National. La droite populaire se mobilise. Le Ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, surenchérit sur son prédécesseur Brice Hortefeux à propos des questions de sécurité et d’identité nationale. Un véritable feu d’artifice ! Le problème ? La dynamite est… bruyante. Et il est difficile d’être sourd quand le bruit est détestable.

Cela fait le bonheur de François Bayrou, le modeste pécheur du gave de Pau. Il retrouve les poissons-électeurs perdus après le premier tour de la présidentielle de 2007 malgré la minuscule digue Morin, voulue par l’UMP. Malheureusement, il a du mal à tenir ses lignes. Avec plusieurs lignes, il n’y a plus de… lignes ! La largeur de l’étang, plus la faiblesse de la flotte de pêche l’oblige au grand écart. Une posture délicate pour les coutures du costume. Les poissons égarés par Ségolène Royal remontent comme les saumons qui vont pondre vers leur lieu de naissance.

François Hollande ne veut pas les perdre une seconde fois. En capitaine de pédalo, il contemple et admire le vivier au risque d’oublier l’alevinage de Arnaud Montebourg qui, malgré des envolées sur la dé-mondialisation, laisse échapper des alevins vers les eaux plus tumultueuses du Front de Gauche.

Au milieu des intempéries, tempêtes, tsunamis économiques, les poissons-électeurs des couches populaires, estampillés "France d’en bas" par Jean-Pierre Raffarin, se désespèrent. En même temps que la France perd son « triple A », les pénalisés de la fracture sociale perdent leur travail, leur pouvoir d’achat, leur dignité, malgré le verbe et la verve de Jean-Luc Mélenchon, leur boussole.

Ils tombent dans les filets du Front National, attirés par le chant de la sirène Marine… le Pen qui, comme les sirènes dans la tradition homérique à l’entrée du détroit de Messine en Sicile, séduisaient les navigateurs de leurs lyres, flutes et pipeaux. Ils perdaient le sens de l’orientation, fracassant leur bateau sur les récifs où ils étaient dévorés par ces enchanteresses.

Comment ne pas terminer mon propos par cette image quand nous avons dans le studio une autre sirène, France Jamet, et le directeur d’une compagnie maritime, Marc Dufour !

Interview.
- Une réaction face à cette théorie énoncée par le Renard ?
- L’élection présidentielle et son corolaire, les législatives, présupposent des alliances pour composer une majorité : avec qui envisageriez-vous de vous allier pour gouverner ? Le FN... le MoDem ?
- Avec qui excluez-vous de vous allier ? Le FN... le MoDem ?
- Quelle est votre cible électorale principale ? Les jeunes comme Hollande, les vieux comme Sarkozy, les pauvres comme Mélenchon ? Ou le PEUPLE ?
- Quel est votre slogan ?

Controverse sur la « morgue » dans les Infos.
- Revenons un instant sur ce que les médias ont appelé le « printemps arabe ». Vous réjouissez-vous de la situation actuelle : en Tunisie, au Maroc, en Libye, en Irak, en Syrie... et ailleurs ?
- Que pensez-vous des primaires qui se déroulent aux Etats-Unis actuellement ?
- Quel avenir voyez-vous pour l’Union Européenne ?


Futuroscopie ou "du passé faisons table rase" !

Présentation de la Futuroscopie de la semaine...

Puisque chacun semble définitivement vouloir du passé faire table rase, projetons-nous un moment dans les délices d’un futur qui hésite entre l’hypothétique et l’improbable. La question est : la France et donc les Français ont-ils un avenir ? Fief historique de la démocratie occidentale en compagnie du Royaume Uni et des Etats-Unis, la France paraît devenir un bateau ivre qui ne sait plus quelle direction prendre…

Et, clairement, chacun s’accorde à dire que « rien ne va plus ». Les déclinologues en tout genre nous promettent du sang et des larmes. Et, sans reprendre les chroniques d’Eric Zemmour sur RTL, même les agences de notation américaines telles que Standards & Poor’s nous préviennent à l’orée de la présidentielle : la politique d’austérité préconisée par Sarkozy conduit le pays à une faillite à l’image de la Grèce.

Que dit le peuple dans ce contexte ? Depuis près de quarante ans, ils ont tout tenté : au centre, à gauche, en cohabitant, à droite… sans succès. Les PDG, partis de gouvernement tels que les définit le constitutionnaliste Olivier Duhamel, ont failli.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Encore une fois, l’Histoire apporte quelques réponses qui permettent de comprendre quels sont les futurs possibles.

Ecoutez…

La chronique du loup : "Fais-moi peur…"

Les dernières heures de la démocratie apaisée.

Lorsque François Mitterrand, le 10 mai 1981, a remporté la présidentielle en battant le sortant centriste Valéry Giscard d’Estaing, les Français batailleurs comme de coutume s’amusaient à la guerre civile sur fond de grèves et de manifestations. Depuis la Révolution française, la bataille politique faisait rage. Les Révolutions se succédaient. Chaque génération ne manquait pas de faire la sienne. La dernière en date connut ses heures de gloire en mai 68.

Mais, François Mitterrand ne rêvait que d’apaisement et, pour cela, il était décidé à marginaliser le Parti Communiste Français. En effet, ce dernier jouait le rôle de repoussoir, de contestataire, de protestataire. Le vent de l’Histoire l’a considérablement aidé avec la chute du Mur de Berlin et la fin de l’URSS et donc du soviétisme. En intégrant le PCF dans les partis de gouvernement, Mitterrand apaisa la vie politique en France. C’était sans compter avec les Français.

Dès 1983, par le biais des vases communicants, le Front National de Jean-Marie le Pen commença à émerger. Jusqu’à doubler le PCF en 1984 et être qualifié en 2002 pour le second tour de la présidentielle.

Entre temps, l’Extrême Gauche était dopée elle aussi pour atteindre un score à deux chiffres à l‘aube du troisième millénaire. Au point que le vote protestataire atteignit la barre des 40%.

Mais ce vote-là n’avait rien d’un vote d’adhésion. Ce vote-là faisait peur : il remplissait son rôle. Jusqu’à ce que François Bayrou n’entre dans l’arène avec son Extrême Centre en 2007.

Entre temps, les partis de gouvernement, réduits à un bipartisme, se discréditaient les uns après les autres. Et les Français de s’agacer. Pourtant, en 1995, lorsque François Mitterrand laissa son fauteuil présidentiel à Jacques Chirac, la démocratie française semblait apaisée.

Peut-être est-ce le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral ou le passage à la monnaie unique et le refus français du traité constitutionnel européen qui ont changé la donne… L’avenir nous le dira.

Toujours est-il que le paysage politique français s’apprête à connaître, semble-t-il, un véritable séisme. Le Pen est créditée de plus de 20%, Bayrou de près de 15% et Mélenchon de 8%. Sans compter les candidats témoins qui expriment le rejet des Français de la classe politique traditionnelle et totalisent environ 7%. Faîtes l’addition et l’on arrive à 50% de vote de rejet du système. Et encore j’oublie les abstentionnistes, les bulletins blancs et nuls et même les non-inscrits qui représentent le plus grand parti de France.

Rien ne va plus ! D’autant que le vote pour le Pen, Bayrou ou Mélenchon n’est plus vraiment un vote protestataire mais peut-être un vote d’adhésion. Comme une solution de rechange qui n’aurait jamais été tentée.

La démocratie apaisée connaît donc probablement ses derniers instants. Doit-on se réjouir ? Le regretter ? Dans tous les cas, au moins, constatons-le ! Merci…

Interview.
- Pensez-vous que nous assistons à la fin de la démocratie apaisée ?
- A quel point rejetez-vous le système établi ? Jusqu’où le rejetez-vous ?
- Parlons programme…
- Comment gérez-vous la question de la dette ? Êtes-vous pour l’austérité ?
- Revenons sur les agences de notations ?
- Peut-on être élu sans faire rêver les électeurs ?
- Que pensez-vous de la TVA sociale ?
- Que dire du quinquennat et de l’inversion du calendrier ?
- Que dire du mode de scrutin ?
- Quelle politique européenne comptez-vous mener ? Vis à vis de l’Allemagne, de l’Euro ?
- Et un retour au Franc qui aurait une parité avec le Dollar entre 0,9 et 1,15$ ? Sachant que en 1999 la parité Euro/Dollar allait de 0,88 à 1,18… Donc une dévaluation d’environ 600% !!!

Controverse avec les invités.
- Êtes-vous d’accord avec le fait que vous soyez des partis contestataires ?
- Par quel miracle pensez-vous réaliser une majorité de gouvernement ? Avec qui ?
- FN : quelles relations avec la droite populaire, avec l’UPR, avec les souverainistes (ex Pasqua et de Villiers) ?
- MoDem : quelles relations avec les dissidents de droite (Villepin, Boutin, Dupont Aignan, Lepage…) ? Avec les socialistes (ici et ailleurs) ?
- Législatives ? Qui est candidat et dans quelle circonscription ?
- Quel score espérez-vous faire ? A la présidentielle, aux législatives ?

Mais encore…
- Pour conclure, que diriez-vous d’un deuxième tour qui opposerait le Pen à Bayrou ? Même le constitutionnaliste Dominique Rousseau l’envisageait, hier, dans midi Libre ! C’est peu dire !!!


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P.-S.

La semaine prochaine, nous partons sur les rives des programmes et des grands thèmes qui préoccupent nos politiques et probablement nos concitoyens. La jeunesse serait la clé de l’avenir de la France… Alors nous en parlerons en compagnie de professionnels de l’Education, de parents d’élèves mais aussi d’étudiants.

En attendant, BONJOUR CHEZ VOUS...

Et n’oubliez jamais que, tout compte fait, la révolte n’est pas un droit mais un devoir !!!



Animateur(s) :
Yves Le Bozec (le loup) Jean-François Gibert (le renard)
Réalisation Technique :
Gilles Gouget
 
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