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- "A Montpellier, les micros associatifs s’accrochent à leur fréquence."
Lu dans "Libération" le 8 février 2006
Quand un quotidien national parle de Divergence FM...
mercredi 15 février 2006, par
Comme la majorité des radios de Corse et du Languedoc-Roussillon, l’autorisation tri-quinquénale d’émettre sur notre fréquence arrive à terme (fév. 2007). C’est un événement important pour le monde de la radio, et c’est par notre région que le nouveau plan de fréquences se met en place. Le quotidien Libération s’est penché sur la situation en questionnant les acteurs de la radio associative à Montpellier.
Voici l’article paru le 8 fvrier 2006, sous la plume de Pierre DAUM, qui contient tout de mme deux coquilles, une notable et une gentille :
Le Fonds de Soutien l’Expresssion Radiophonique (FSER), noble institution qui mriterait plus de personnel, ne dpend pas du tout du CSA. Il fallait le noter.
Le directeur d’antenne de Divergence FM est rajeuni d’une dizaine d’annes, mais l c’est plutt gentil.
En revoyant rgion par rgion le partage de la bande FM, le CSA inquite les petites radios locales.
C’est sr qu’on a peur. Cela a beau faire presque vingt ans qu’on existe, voil qu’on est oblig de rendre notre frquence, sans tre sr de la rcuprer. Cheveux longs maintenus par un lastique, cigarette roule la main au coin de la bouche, mme pas trente ans, Gilles Gouget est directeur d’antenne de Divergence FM, une des trois radios alternatives de Montpellier. Une radio dont les anctres ont pirat la bande FM dans les annes 1980, avant d’obtenir du CSA, en 1992, l’autorisation officielle d’occuper un espace en modulation de frquence. Une station qui, dans le cadre du grand chantier de rattribution des frquences du Conseil suprieur de l’audiovisuel (CSA), va devoir rendre la sienne. Et dposer un dossier pour la rcuprer.
Mthodes prdatrices
On aborde l’preuve dans une situation de grande faiblesse. La suppression des emplois aids (emplois-jeunes, contrats emploi solidarit, etc., ndlr) a port un coup trs dur aux radios non commerciales. Avec des missions sur le jazz, la chanson ou la musique persane, des dbats politiques traitant de sujets locaux, des rveries esthtiques comme Le nu dnud , Divergence FM se veut un mdia citoyen de proximit, grce auquel chacun peut exprimer ce qu’il a sur le coeur ou dans la tte (dixit Manuel, le technicien-animateur-standardiste-archiviste-programmateur-producteur). Avec moins de 100 000 euros par an (dont 60 % proviennent du fonds de soutien du CSA en faveur de radios dont les revenus publicitaires ne dpassent pas 20 % de leur budget), Divergence FM ne peut s’offrir que deux postes et demi de salaris plein temps. Mais propose cependant un large panel d’missions de qualit, animes par une soixantaine de bnvoles.
Et voil qu’on va tre nouveau mis en concurrence avec des radios commerciales, dont on connat les mthodes prdatrices , s’inquite Gilles. Au CSA, on tente de rassurer tout le monde : C’est vrai que la loi n’offre aucune garantie aux radios existantes de rcuprer leur frquence, reconnat Flore Iborra, de l’antenne du CSA pour le Grand Sud. Toutefois, dans le nouveau plan d’optimisation de la bande FM, nous allons tre en mesure d’offrir plus de frquences sur chaque zone. Cette bouffe d’air va-t-elle profiter aux radios alternatives ? Pas sr, car qui dit nouvelles frquences ne dit pas nouvelles radios. Outre que Radio France va exercer son droit de premption sur plusieurs frquences, bon nombre d’entre elles vont tre utilises pour tendre le rseau de radios commerciales dj existantes. Pour les radios non commerciales, les exemples rcents de redistribution de frquences par le CSA, l’occasion de la disparition de telle ou telle radio, ne sont pas encourageants.
A Ste, en 2000, aprs la disparition de Frquence Sud, une quinzaine de projets sont en concurrence, dont Radio Clapas, une clbre station alternative de Montpellier. Cela aurait cr une vraie antenne de proximit, dans le droit fil de la diversit, que le CSA se targue tant de promouvoir, insiste Alain Vaqui, prsident de Radio Clapas. Au lieu de cela, le Conseil a choisi RTL2 ! Explications de Flore Iborra : A l’poque, RTL tait trs mal reprsent dans la rgion. Le Conseil a voulu rparer un dsquilibre...
20% de pub autorise
Autre exemple : Montpellier, la Fdration des oeuvres laques (FOL) a longtemps partag une frquence avec les Protestants de FM Plus. En 2000, la FOL se retire. Au lieu de permettre FM Plus de disposer enfin d’une frquence complte, le CSA retient un projet aux apparences non commerciales, mais qui dpassera rapidement les 20 % de publicit autorises. A Nmes, sur quatre frquences associatives attribues, deux ont des affinits marques avec l’extrme droite... Cela pose un problme fondamental, qui concerne l’impossibilit d’expression de pans entiers de la socit, fait remarquer Jean-Paul Gambier, prsident de la Fdration des radios associatives non commerciales du Languedoc-Roussillon. Prenons par exemple Perpignan. En mai 2005, Gitans et Maghrbins se sont violemment affronts. Est-ce normal qu’aucune de ces deux communauts, pourtant trs prsentes dans la ville, ne dispose d’une frquence spcifique sur la FM locale ?
Pierre DAUM
P.-S.
Nous remercions l’auteur de nous avoir permis de mettre cet article en ligne.








