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5 questions à John Boorman

mer 23 fév. 2011 - 12h30, 18h30


jeudi 24 février 2011, par Gilles Gouget, Vincent Pourrageau

Dans l’émission Cinérama du jour, john Boorman répondait à 5 questions sur son film La Forêt d’Emeraude...

Interview dont voici la retranscription.

De l’idée de faire le film...

John Boorman : Eh bien... c’était... L’idée est venue d’une histoire dans un journal qui était... c’était pas un américain, mais un ingénieur brésilien qui était parti en pique-nique avec sa famille, et son petit garçon était parti dans les bois, dans la forêt, et avait été pris par des indiens. Et le père, qui avait passé ses vacances les dix dernières années, à chercher ce petit garçon dans les vastes forêts de l’Amazone. Et ça m’avais frappé comme étant quelque chose de très... fascinant. D’abord comme l’histoire d’une famille, mais aussi en terme de.... deux cultures qui se rejoignent, celles des européens, des américains, et celle des indiens. Comme une façon... une façon de pénétrer une culture indienne cachée. Donc... c’est comme ça que ça a commencé.

Le comment...

J. B. : Et bien le résultat de tout ça c’est que je suis parti vivre avec une tribu, dans la région de Xingu, sur l’Amazone... Et dans le Xingu il y avait une zone de la taille de la Suède, et à l’intérieur il avait environ... 10 ou 12 tribus. Et cette région avait été... euh, n’avait pas été découverte jusqu’en 1947, c’était un endroit vraiment très impénétrable. Et un homme appelé Orlando Villas Bôas, avec son frère, ils sont allés jusqu’à la rivière Xingu, et ils ont trouvé ces tribus, qui vivaient, vraiment comme à l’âge de pierre, sans avoir de contact avec le monde extérieur. Et... alors... Ils ont passé leur vie à esssayer de protéger ces tribus, et il vous fallait une permission spéciale pour pouvoir entrer dans le Xingu... que j’ai... J’ai eu cette permission, à travers Orlando Villas Bôas, et j’y suis allé, et je suis resté avec ces tribus... Et je les ai étudiées... j’ai étudié... ce qu’il faisaient. Et clairement, je ne pouvais, ni n’aurais souhaité vouloir que l’on filme ces tribus, parce qu’elle étaient.... hmm... elles étaient... préservées, dans un sens. Alors ce qu’on a fait c’est qu’on a... pris des indiens, qui s’étaient détribalisés, qui vivaient dans des villes... Et nous les avons... entraînés... à être des indiens à nouveau. Et j’avais un anthropologue avec moi, qui avait étudié les indiens du Xingu, et nous avons... construit, si vous voulez, deux tribus : les "invisibles" et les "féroces". Et nous avons pris, des connaissances de l’anthropologue et de mes propres expériences là-bas, pour donner à chaque tribu ses caractéristiques. Et toutes ces caractéristiques et toutes les cérémonies correspondaient toutes exactement... ehm... à des cérémonies qui se passaient dans ces tribus.

Du casting de son fils...

J. B. : Et bien j’ai... j’ai fait beaucoup de recherches pour trouver un garçon. En Europe de l’est, au Brésil et en Amérique... Et j’ai vu des centaines, des centaines de garçons. Et au bout du compte, hmm... euh... au bout du compte j’ai choisi Charley car je pense qu’il a... À cause de ses qualités bien sûr, mais aussi à cause de notre relation, à cause de notre relation étroite... C’était... cela rendait possible de traverser cette aventure extraordinaire... avec... avec lui. Et... je pense aussi que j’étais capable d’infliger plus de souffrance à mon propre fils, qu’à celui de quelqu’un d’autre (rires).

De l’écologie... Des effets pervers des barrages hydro-électriques...

J. B. : Oui, oui c’est vrai. Je suis aussi... je... Vous savez, je suis extrêment intéressé par les arbres, j’en plante... et je les étudie... Et de plus en plus, de plus en plus j’ai la conviction que les arbres sont le... le secret de... de l’univers, ou de la planète pour le moins... Nous devons... nous devons avoir un équilibre entre les arbres et les gens, sans quoi... tout va s’effondrer. Vous savez, on a vu le Monde entier, et la Chine plus particulièrement en ce moment, innonder d’immenses territoires pour alimenter... des barrages, pour l’électricité. Et c’est intéressant qu’il n’y ait aucun barrage au Japon, parce qu’ils ont un tel respect pour leurs rivières... Et il y a quelque chose de fondamentalement... repoussant dans l’idée d’un barrage... c’est qu’il transforme une eau vive, en une mare statique.

Bilan...

J. B. : Le... Faire ce film était une aventure extraordinaire. Et elle m’a amené sur la... la plus grande rivière, et la plus grande forêt sur Terre, et... dans un sens, c’est presque comme si, dans cette grande forêt tropicale humide, on assistait à la création. Le coeur même de la nature. Et ces... cette tribu est en quelque sorte une personification de la forêt... Et... le film La fôrêt d’Emeraude vous ramène à la source de... la vie sur terre.

P.-S.

- interview : Cinérama
- traduction et doublage : Gilles Gouget



Réalisation Technique :
Gilles Gouget
 
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