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1027 = 1

lundi 24 oct 2011 - 12h15


lundi 24 octobre 2011, par Gilles Gouget, Olivier Nottale

Les images à la télévision, quand elles se veulent historiques, sont sujettes à caution. (Les dernières en date tout autant). Deux événements viennent de se dérouler de l’autre côté de la Méditerranée. Du côté de Syrte mais aussi entre le territoire de Gaza et l’État d’Israël via l’Égypte.

En Libye, nous avons eu droit en presque direct à la mort du tyran Kadhafi. Le colonel était un dictateur d’une rare longévité : 42 années ce n’est pas tout à fait rien ! Il est mort égal à lui-même, comme un pantin grotesque, pathétique. Pour être franc je n’ai jamais aimé ces lynchages. Quand une foule armée s’en prend à un homme seul et déjà blessé, fut-il la pire des crapules, je reste persuadé qu’il vaudrait toujours mieux un procès devant les hommes et l’histoire, plutôt qu’une exécution malsaine au vingt heures pendant nos journaux télévisés. Mise en scène macabre pour les voyeurs que nous sommes obligés de devenir assis dans nos canapés... Nous sommes devenus des sortes de juges sans pouvoir, devant se faire une intime conviction avec en guise d’instruction quelques images et trois commentaires, coincés entre la crise financière et le sport.

Les autres images venues par delà « la grande bleue » furent celles pour une fois de joie de parents, d’amis et même de simple citoyens venus accueillir le retour de prisonniers. Pourtant, si bien sûr nul ne peut douter de la sincérité de ses retrouvailles, quelque chose ne fonctionnait pas tout à fait de la même manière des deux côté de cette frontière qui n’est pas normale puisque d’un côté il existe un État souverain, puissant, influent, reconnu, craint aussi, et de l’autre un territoire !

Le soldat Gilad Shalit a retrouvé les siens, nous nous en réjouissons et pas parce qu’il est, comme on nous l’a matraqué aux informations télévisées, franco-israëlien, mais parce qu’un jeune homme ne peut être à lui seul responsable de la folie guerrière de sa nation.

Ce qui me paraît invraisemblable dans cette affaire c’est l’incroyable différence qui existe entre ce prisonnier que l’on nous a présenté comme un otage du Hamas et les 1027 palestiniens qui eux sont des terroristes emprisonnés.

Vous l’avez compris quand il s’agit de traîter le proche-orient et plus précisément l’interminable conflit israëlo-palestinien, nos médias dominants, certains de nos plus brillants commentateurs, mais aussi beaucoup de nos hommes politiques de droite comme de gauche, relayés par la fine fleur de nos intellectuels de salons parisiens, ont la fâcheuse habitude d’utiliser des appareils de mesures de l’émotion à géométrie très variable !

Déjà, rien que dans la disproportion nous devrions être alertés sous ses cieux bénis des Dieux (pardon, du Dieu unique au nom multiple) : 1 027 égal 1 ! Drôle d’opération ne trouvez-vous pas ? Pourtant c’est bien le rapport de force existant.

La puissance coloniale s’appelle l’État d’Israël - je sais, faut pas le dire -, les palestiniens subissent l’Apartheid et ils n’ont toujours pas de pays. Il faudrait s’étonner que certains de leurs ressortissants balancent quelques pierres et même quelques roquettes sur les voisins qui les oppriment et les écrasent dans une proportion toujours à peu près similaire à l’opération surréaliste du 1 = 1.027 !

Le soldat Shalit fut (peut-être ne faut-il pas le rappeler) capturé par un commando palestinien alors qu’il était dans un tank de l’armée de son pays, à la lisière de la bande de gaza, et qu’il s’apprêtait à faire feu sur ses voisins avec une arme de guerre très lourde, non ?

Par contre, quid d’un autre franco-quelquechose... ah oui ! ...-palestinien qui est en prison depuis six ans ?... Il s’appelle Salah Hamouri, il a été condamné par un tribunal militaire de la puissance d’occupation pour avoir eu, paraît-il, « l’intention de commettre peut-être un projet d’attentat contre un rabbin extrémiste »… Il ne fait pas parti des 1.027... et il n’a jamais eu le soutien de son seul pays, la France. La Palestine cela n’existe pas !... Peut-on juste s’interroger : pourquoi ?



Animateur(s) :
Olivier Nottale
Réalisation Technique :
Bruno Bertrand
 
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